TAZLA - Le Village

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Le village de TAZLA

 

Par Hocine :: 27/05/2008 à 20:31 

Bienvenue sur le site du village,


Une petite ballade au départ d'Ighil Ali en passant par boni,

Tnet el Nacer, Tizi n'Tazla avec le village


de Sidi Messaoud,  une belle vue sur les montagnes de

Medjana et  descente sur Tazla par la foret avec ses odeurs

de pins d'alèp

 

VUE GENERALE D'IGHIL ALI

Centre culturel Amrouche à Ighil Ali avec ses belles portes







LES FERMES DE BONI



Depuis le stade de Boni ont distingue Tazla au loin


Tnet el Nacer  l'élevage et le verger de notre cousin Fahrat (de Bounda)




Association El Mokrani rencontré sur la route de Medjana de fiers  et beaux Cavaliers






Le verger de Fahrat, il a planté une grande quantité d'arbres fruitier Bonne chance à toi Fahrat


Une très belle vue et du  bon air dans ce lieu




Sidi Messaoud son Ecole


Le village de Sidi Messaoud






Nous sommes à Tizi n'Tazla et c'est la descente au village



















































Ellougane sous la pluie, c'est une erreur mais je la laisse


Vous pouvez cliquer sur le lien et  découvrir les photos de Mycondor 34


Image de Mycondor34 provenant du site Flickr



Image de Mycondor34 provenant du site Flickr

 

 

Le 21/07/2010 à 16:43, par Hocine
Bonjour à Tous,

Un peu de lecture instructive, sur nos racines !!
Il y a tout juste mille ans, en 1007, naissait dans le Hodna, au pied du Djebel Taqarbouzt, la dynastie berbère des Hammadites. Dans un milieu quasiment désertique, le royaume de la Qalaâ des Beni Hammad allait faire naître une brillante mais éphémère civilisation, qui allait rayonner sur tout le Maghreb.
Soixante années après sa naissance, les souverains de ce royaume prospère durent transférer leur capitale des Hauts-Plateaux du Hodna vers les montagnes kabyles de Béjaïa, fuyant devant les essaims dévastateurs des Beni Hilal et des Beni Solaïm. Du Djebel Mâadhid jusqu’au Mont Gouraya, c’est une longue route parsemée de caravansérails et de forteresses que durent emprunter les émirs et leurs populations pour une formidable migration, qui a duré des dizaines d’années, créant au passage une autoroute médiévale baptisée Triq Essoltane.
Dans leur migration, les Hammadites utilisaient l’ancienne voie romaine qui reliait les Hauts-Plateaux sétifiens à Saldae (Béjaïa) par Bordj Bou Arréridj, Medjanna, Bordj Boni, Ighil Ali, Tablast, actuellement Allaghane, avant de longer la vallée de la Soummam jusqu’à la mer. C’est ce trajet que nous avons tenté de refaire avec un rétroviseur braqué sur le passé. A mesure que la voiture quitte les mornes plaines des environs de Msila pour grimper vers le Maâdhid, on a l’étrange impression de se retrouver dans le sud des Aurès. C’est le même paysage de montagnes rocailleuses et de ravins tapissés de verdure qui rappellent les célèbres gorges du Ghouffi. En nous arrêtant pour contempler ce paysage, où cohabitent le vert tendre du laurier rose et le jaune des montagnes schisteuses, notre chauffeur, voyant surgir sur le flanc des collines semé de cactus, des maisons de pierres sèches coiffées de tuiles romaines, s’exclame : « Tiens, on se croirait en Kabylie ! » Pour des Bougiotes partis en pèlerinage sur les terres de la première capitale des ancêtres, le lien est vite fait. Nous traversons la ville de Bechara, qui paraît très animée en cette fin de semaine, avant de voir surgir au loin le fameux minaret de la mosquée de la Qalaâ.

Un vestige séculaire
Au pied de cet immense vestige de 25 m qui vous contemple du haut de ses dix siècles d’histoire, nous sommes tout de même saisis par une certaine émotion. La tour est tellement haute, qu’on a de la peine à la faire rentrer dans l’objectif de l’appareil photo. On ne se lasse pas d’en faire le tour et de la contempler sous tous les angles. Plus on la contemple, plus elle nous paraît familière : ces pierres sèches et cette architecture austère ressemblent à toutes ces maisons kabyles qui parsèment les flancs familiers des Bibans. En plus grand, bien sûr. Les vestiges de la Qalaâ étant situés plus hauts que les villages du Maâdhid, aux alentours, il n’y a que quelques bergers gardant stoïquement leurs troupeaux de moutons sous un soleil de plomb. Au bout d’une heure de visite, l’un des bergers, un vieux monsieur coiffé de son chapeau de paille, s’approche discrètement. Nous profitons de l’occasion pour engager la conversation. Disponible et avenant, notre homme s’avère être un ancien gardien qui a travaillé 35 ans sur le site de la Qalaâ. Amar Ferahtiya, 68 ans, est intarissable sur le sujet. Une vraie mine d’or. A l’ombre de l’immense minaret, cet homme, qui n’a jamais été à l’école, nous raconte ce qu’il a appris à force de côtoyer les chercheurs et les archéologues. « Le site de la Qalaâ des Beni Hammad s’étend sur 7 km. Cette tour est dotée de 131 marches. Sa hauteur initiale est de 30 m, mais elle n’en a plus que 25 après sa restauration », dit-il. « Cette montagne que vous voyez là-bas, c’est le Djebel Taqarbouzt. Elle culmine à 1418 m d’altitude. La Qalaâ avait trois portes d’entrée : Bab Ledjnane, Bab Laqwas et Bab Djeraoua. Elle était entourée de remparts et elle comprenait quatre palais dont il reste aujourd’hui quelques vestiges », nous explique-t-il.

L’ombre d’Abu Yazid
Assis à l’ombre de la tour, nous écoutons Ammi Amar nous parler longuement de la naissance du royaume, de la guerre entre Zirides et Hammadites, du révolté Kharidjite Abou Yazid, l’homme à l’âne, qui est mort en 935, cerné au sommet du Taqarbouzt, du sultan Ennacer qui a construit le palais du Manar pour la princesse Bellara dont il était tombé amoureux fou, et puis des huit émirs qui se sont succédé à la Qalaâ depuis sa fondation par Hammad Ben Ziri. Il s’agit, dans l’ordre, d’ El Qaïd, de Mohcene Ben El Qaïd de Bologhine, de Nacer Ben Alennas, le fondateur de Béjaïa, de Mansour le fondateur de Mansoura à Tlemcen, de Badis Ben Mansour, d’El Aziz Ben Mansour, puis de Yahia, le dernier prince hammadide qui a quitté la Qalaâ en 1152 après la défaite contre les Almohades. A écouter ce vieil homme assis dans la poussière, l’histoire, tout à coup, prend un sens. Elle devient palpable. Il vous parle de guerre entre Berbères Zenata et montagnards Sanhadja, comme s’il s’agissait de la rivalité qui oppose les Chnawa du MCA aux supporters de l’USMA. On n’a même pas besoin de fermer les yeux pour voir ces décombres froids de la Qalaâ s’animer, reprendre corps.
Cette ville grouillante, peuplée d’artisans remarquables, de poètes, d’architectes, de paysans et de savants, revient à la vie l’espace d’un instant fugitif. A notre grand regret, notre guide est obligé de nous quitter pour rassembler ses brebis, qui ont profité de la leçon d’histoire pour s’éparpiller à travers champs.
Notre visite se poursuit plus à l’Est où subsistent d’importants vestiges du Palais du Manar construit au dessus des gorges de Oued Fredj, à même la falaise. Devant l’état de total abandon dans lequel se trouvent ses murs antiques, qui ont traversé les siècles, on est pris d’un profond malaise. Les pans de mur qui s’effondrent et les brèches qui se créent n’ont jamais été restaurés. L’état de ruine des vestiges rend la visite très dangereuse. Il n’y a, apparemment, dans tout le Maghreb, que l’Algérie pour s’offrir le luxe de cracher sur un site classé patrimoine mondial par l’Unesco dès 1980, pour le laisser à la merci des prédateurs et des vandales. Cet abandon de la Qalaâ des Beni Hammad est révoltant. Partout, des traces de construction et des vestiges là où l’œil se pose. Les fouilles ont été apparemment délaissées depuis De Beilié, l’archéologue français à qui on doit l’essentiel des connaissances sur la Qalaâ.
Nous n’avons pas le temps de faire le tour du site. Il nous faut quitter la fournaise du Hodna, avant l’heure fatidique où le soleil assomme même les chameaux, en faisant la promesse de revenir un jour faire plus ample connaissance avec ce haut lieu de l’histoire. Ne pouvant faire comme les Hammadites qui, probablement, empruntaient des sentiers de muletiers en allant droit vers le nord, on se résout sagement à reprendre l’asphalte vers M’sila. Thamsilt, comme disent encore les Kabyles de l’ancienne génération.

De la montagne vers la plaine
Sur la route de Hammam Dhalaâ, beaucoup de semi-remorques immatriculés 06. Rien d’étonnant quand on sait que cette route est celle du ciment. Des allers et venues qui rappellent les caravanes qui faisaient ce même chemin, il y a dix siècles. Les matériaux de construction ont toujours été un problème épineux. Dans sa fuite vers les rivages sécurisants de la Kabylie, l’émir Ennacer avait obligé chaque famille émigrée à transporter au moins une pierre à chaque voyage, sous peine d’amende. Après la ville d’El Mhir, il y a le fameux passage des Portes de Fer. Un détroit stratégique qui assure, depuis la nuit des temps, le passage de l’Est vers l’Ouest, de la montagne vers la plaine. Les Romains l’ont toujours contourné, préférant passer par Auzia (Sour El Ghozlane) et éviter ainsi les guet-apens et embuscades des tribus de la région. Les Portes de Fer ou Détroit des Bibans s’appelle en réalité Taggurt, (la porte), pluriel : Tiggura. Il y a deux portes : Tammezyant, la petite et Tameqrant, la grande. L’appellation actuelle, que les Français ont reprise, vient de l’arabe Bab et Bibans. Pour le fer, certains disent que c’est à cause des mines de fer qu’il y avait dans ces montagnes. D’autres avancent l’idée que ce sont les Turcs qui ont donné ce nom à ce passage où ils ont toujours été obligés de baisser leurs armes et de payer un péage aux Ath Abbès qui en assuraient la garde. Nous franchissons ce fameux passage juste pour la forme puis nous revenons sur nos pas pour prendre par Bouqtone ; nous franchissons l’oued du même nom. Cette route mène jusqu’au plateau de Boni en passant par Ath Rached et Ferracha. Selon les anciens de la région, c’est cette route qui a toujours été empruntée pour aboutir à la Qalaâ des Beni Abbès.
La Qalaâ des Beni Abbès a été bâtie sur le modèle de celle des Beni Hammad. Position stratégique, accès difficile, portes gardées et muraille tout autour. Même le nom du plus haut sommet, Taqarbouzt, a été copié sur l’original et importé. Au départ, c’est un Fort hammadite lié à la Qalaâ des Beni Hammad qui avait pour mission de garder le fameux passage des Bibans, ainsi que la vallée de la Soummam. Pendant des siècles, des troupes stationnées à la Qalaâ se sont relayées pour assurer le passage des Bibans, jusqu’à ce que le khalifa Mokrani, dont le fils M’hamed allait soulever le nord de l’Algérie avec Cheikh Aheddad en 1871, ouvre définitivement ce passage aux Français en 1833. A propos de la Qalaâ, certains historiens, comme Paul Wintzer, affirment que les Hammadites ont d’abord occupé la Qalaâ des Beni Abbès qui s’appelait alors la Qalaâ de Ouanougha, avant de s’installer à Béjaïa. Ceci est très probable, d’autant plus que lorsque Béjaïa est tombée aux mains des Espagnols en 1510, les émirs hafsides de Béjaïa se sont repliés à la Qalaâ des Beni Abbès.

La halte de Si Moh U M’hand
A la Qalaâ des Beni Abbès, nous avons rendez-vous avec Mourad Mebarek, un architecte qui a fait sa thèse sur l’urbanisme particulier de cette vieille forteresse. Nous arrivons de nuit à la Qalaâ. A Tajjmaâth n’Tazaïart, Mourad est en train de discuter avec quelques amis sous la pleine lune qui donne un aspect fantasmagorique au paysage de murs effondrés de l’ancienne capitale des Ath Abbès. Au bout de deux heures de discussion à revisiter l’histoire, nous sommes invités à la maison dite « Akham Gu’Ahchaïchi ». C’est une vieille maison berbère où, mis à part l’électricité, rien n’a changé depuis plus d’un siècle.
Un véritable musée avec sa cour pavée, asqif, adaynine, taârichth, ichvouyla et même un authentique coffre berbère superbement sculpté. Cette maison, où nous reçoit très gentiment Menzou Djamel affairé à griller des sardines, a appartenu à Abderrahim Mokhtar, présumé né en 1882. Ce monsieur, dont un portrait jauni est accroché à la poutre maîtresse de la maison, avait pour ami un certain Si Moh U M’hand. Chaque fois que le célèbre barde partait vers Tunis, il s’arrêtait à Qalaâ chez son ami Ahchaïchi. On nous apprend, par ailleurs, qu’une fois, Si Mohand a séjourné plus d’une année sous ce toit. Comme quoi, l’histoire a quelques fois de ces clins d’œil. Mourad nous apprend que ce qui est particulier avec les maisons de La Qalaâ, est le fait de posséder trois portes et trois cours qui donnent les unes sur les autres. Passé le premier portail, la cour intérieure est réservée aux khammass et aux gens de passage, la deuxième porte donne sur une cour réservée aux invités et aux amis, alors qu’au-delà de la troisième et dernière porte, seuls les membres de la famille y sont admis.
Mourad vit depuis longtemps à Brême, en Allemagne. Il se définit d’abord comme Brêmois, puis comme Kabyle, ensuite comme Algérien, puis comme Allemand. Autant dire que culturellement, il a autant d’entrées que les maisons de ses aïeux. Les gens de La Qalaâ sont très hospitaliers et, en général, très instruits. Aujourd’hui, cette cité qui fut un jour prospère au point d’être comparée à Tunis, ne revit plus que pendant les vacances ou les week-ends, lorsque les familles installées dans les grandes villes du pays reviennent au bercail.
La route qui relie Bordj à la Kabylie par Ighil Ali va bientôt être reclassée route nationale.
La circulation automobile est infernale sur une RN26 encombrée par les poids-lourds. A force de s’étendre le long de la route, les agglomérations ont fini par se coller les unes aux autres. Les portions de route vierges d’habitations commencent à se faire de plus en plus rares. Pourtant la Vallée de la Soummam n’a été habitée que depuis la colonisation française et, plus précisément, après la défaite de 1871, ce qui a permis à la France de construire les premiers villages européens comme Tazmalt, Akbou, Sidi Aïch et El Kseur.

Un voyage de mille ans
Moulay Ennacer, le fondateur de Béjaïa a installé des populations sur, toutes les montagnes qui entourent son royaume, ainsi que des postes de vigie sur les points culminants. Ces vigiles communiquaient entre eux à l’aide d’un système de miroirs le jour et de feux la nuit, pour se transmettre des messages. Un système repris plus tard, par les sultans de la Qalaâ des Beni Abbès et même par El Mokrani. Beaucoup de ces villages, que l’on voit aujourd’hui sur la rive sud du Djurdjura, les flancs des Bibans et des Babors, ont été créés à l’initiative d’Ennacer et d’El Mansour. C’est l’une des raisons pour lesquelles on retrouve aujourd’hui, la majorité des villages kabyles occupant des crêtes et des sommets inexpugnables.
A l’entrée d’El Kseur, nous marquons une petite halte symbolique à Tiklat. Chaque jour, des milliers d’automobilistes passent à quelques mètres des prodigieux vestiges de cette ville occupée successivement par les Berbères puis par les Romains, ensuite par toutes les dynasties qui ont eu à régner sur la région, sans s’arrêter et sans même se douter de leur existence. Les citernes romaines, que l’on retrouve aujourd’hui sur une petite colline qui surplombe la route, ont souvent servi de forteresse pour diverses armées, y compris celle du rebelle Takfarinas, le célèbre prince berbère qui s’est soulevé contre Rome en l’an 17 après J. -C.
Ces citernes, au nombre de 15 et qui pouvaient renfermer une réserve d’eau de 15 000 m3, ont souvent changé de vocation au cours des siècles. Sur le bas côté de la route, le maquis a presque complètement recouvert les ruines de l’antique ville de Tubusuptu (Tiklat), fondée par une colonie de vétérans de la légion romaine sous le règne d’Auguste. Ce site, qui peut attirer des milliers de touristes chaque année, s’il était pris en charge et revalorisé, est, malheureusement, dans un état d’abandon total depuis des lustres.
Partis d’Ighil Ali à 7h, il nous faut un peu plus de trois heures pour rallier Béjaïa. Après Bir Slam, le puits antique où les pèlerins faisaient leurs ablutions avant de partir pour La Mecque, la ville apparaît adossée au monumental Gouraya.
Plutôt que d’achever notre périple par la Porte Sarrasine (Bab El Bahr) qui servait de porte de sortie vers la mer, nous choisissons de passer symboliquement par la vieille ville et Bab El Fouka, l’une des portes antiques de l’ancienne cité hammadite, pour boucler la boucle. C’est, paraît-il, par cette porte qu’entrait le sultan. Assis sur son trône, il faisait face à ceux qui entraient dans la ville le jour des foires, des fêtes et de l’arrivée des caravanes.
La circulation à Béjaïa, en cette fin de mois d’août, demeure difficile et les principaux carrefours de la ville connaissent des embouteillages homériques. La cité est envahie par les touristes. La plupart de ces touristes viennent justement de ces Hauts-Plateaux de Sétif, Bordj et M’sila, accomplissant un voyage qui a débuté il y a mille ans. En effet, cela fait dix siècles que Béjaïa est leur port et leur principale porte vers la mer.

Djamel Alilat

El Watan.


Le 23/07/2010 à 17:18, par Hocine
DE LA LECTURE POUR LES VACANCES

Une date jamais évoquée : 132 ans de galère ont commencé un 14 juin 1830… par une nuit sans lune !

En 1827, le consul français Deval, lors d’une énième audience officielle consacrée au règlement des créances dues par la France à l’Algérie, va provoquer le Dey Hussein. Ce dernier, après plusieurs rappels restés sans suite, s’était plaint directement à Charles X de ce que son gouvernement tardait à s’acquitter de ses dettes.


N’ayant reçu aucune réponse, le Dey en fit la remarque au consul qui lui répondit sur un ton hautain que le Roi de France ne pouvait, sans compromettre sa dignité, correspondre avec un chef de pirates et de barbares. Offensé, le Dey, en colère fit un geste malencontreux envers le consul, de la main qui tenait un éventail en plumes de paon. Prenant la mouche, M. Deval quitte Alger pour Paris. M. de Villèle, chef du gouvernement va, pour soi-disant venger une « insulte » faite à son consul, donner le signal de la guerre. Une escadre est envoyée pour y faire le blocus d’Alger sans résultat. Elle perdra l’un de ses plus grands chefs, l’amiral Collet.

En France, la Restauration était arrivée au bout du rouleau. Le ministère de Polignac fait face à une violente impopularité, et dans l’espoir de détourner l’attention publique française des affaires intérieures, il va déployer la plus grande activité pour préparer l’expédition contre Alger sous prétexte de venger l’affront reçu, de défendre la dignité nationale, l’honneur du pavillon et les intérêts du commerce français. Busnach et Bacri, banquiers de la Régence d’Alger, avaient fait, de 1793 à 1798, pour les armées françaises d’Italie et pour l’expédition d’Egypte, des approvisionnements pour un montant évalué en 1816 à 14 milliards de francs, réduit par la convention du 28 octobre 1819 à 7 milliards… et jamais honoré. Le montant des anciennes dettes commerciales et financières françaises envers l’Algérie s’élèverait sans les intérêts, en 1975, à 350 milliards de francs (1).

Napoléon Bonaparte avait déjà pensé monter une expédition contre Alger. Le 18 avril 1808, il écrivait de Bayonne à son ministre de la Marine : « Monsieur Decrès, méditez l’expédition d’Alger ». C’est ainsi que Vincent Yves Boutin, chef de bataillon du génie « homme de tact et de talent, un peu officier de marine, un peu ingénieur de terre », surtout espion, allait, du 9 mai au 18 septembre 1808, se rendre en civil en Algérie et établir un rapport de trente-neuf pages avec treize dessins dans lequel il concluait de façon formelle que c’était à Sidi Ferruch que devrait avoir lieu le débarquement du corps expéditionnaire.

Saisissant le prétexte du « coup d’éventail », le duc de Clermont Tonnerre, ministre de la Guerre de Charles X, va exhumer le rapport Boutin et les préparatifs de l’expédition vont durer trois ans ! Le 27 avril 1830 arrive à Toulon le général de Bourmont à qui fut confié le commandement de l’expédition. Il assiste à plusieurs répétitions de débarquement et le 18 mai, la veille de l’embarquement, il adresse à l’armée son premier ordre du jour « …la cause de la France est celle de l’Humanité ».

En fait, le véritable but de l’expédition, ordonnée par Charles X et camouflé sous le fallacieux prétexte de « préserver à jamais l’Europe du triple fléau de l’esclavage des chrétiens, de la piraterie et le l’exigence pécuniaire des deys », était de permettre à la France de ne pas payer ses dettes et de faire main basse sur le trésor d’Alger… et sur l’Algérie. La flotte française n’appareillera que le 25 mai de Toulon et les 26 et 27 mai des îles d’Hyère pour rallier d’abord Palma, ensuite Sidi Ferruch. Cette flotte comprenait 11 vaisseaux, 24 frégates, 14 corvettes, 25 bricks, 9 galabres, 8 bombardes, 4 goëlettes, 7 bateaux à vapeur… en tout 100 bâtiments de guerre et 357 transports dont 238 étrangers pour 37 573 hommes, 112 canons, 5 000 000 de cartouches, 556 voitures d’artillerie, d’affûts et même une imprimerie qui servira à imprimer le 25 juin 1830 le premier journal colonial, L’Estafette d’Alger.

Le 13 juin, jour de la fête Dieu, l’armada française mouille dans la baie de Sidi Ferruch. Le 14 juin 1830 à 3 h du matin par une nuit sans lune, le général Berthezène débarque ses troupes. Personne en face pour les accueillir. Ce qui fit dire à ce général : « L’ignorance et l’incurie de l’ennemi nous servirent au-delà de toute espérance… deux ou trois mille bons tireurs, appuyés de quelques pièces nous eût fait éprouver des pertes considérables … qui peut dire alors ce que serait devenue l’expédition ? »

A sept heures du soir, trente-deux mille envahisseurs foulent le sol algérien. Le commandement des troupes algériennes avait été confié par le Dey Hussein à l’un de ses proches, l’Agha Ibrahim qui s’avéra d’une incompétence totale et qui, d’ailleurs, désertera le champ de bataille. La résistance va plus ou moins s’organiser et les combats vont opposer les deux armées le 19 juin à Staouéli, le 24 à Sidi Khalef et le 28 à Sidi Abderrahmane Bou Naga. Harcelées, les troupes françaises mieux équipées mettront 21 jours pour parvenir au fort Sultan Khalassi au fort de l’Empereur, en référence à Charles Quint qui avait conduit l’expédition de 1541 qui tourna au désastre.

Le 4 juillet, dès quatre heures du matin, toutes les batteries françaises terrestres et maritimes déverseront un déluge de boulets et d’obus sur les forts l’Empereur, Bab Azzoun et La Casbah. Craignant plus pour sa personne, les siens et ses biens, le Dey Hussein va capituler. Les conditions de la reddition seront négociées par Hassen Ben Othmane Khodja et Ahmed Bouderbah qui avait longtemps vécu à Marseille et qui présidera le premier conseil municipal d’Alger. La convention entre le général en chef de l’armée française et s. a. le Dey d’Alger stipulait que :

1)- Le fort de La Casbah, tous les autres forts qui dépendent d’Alger, et les portes de la ville seront remis aux troupes françaises ce matin à dix heures.

2)- Le général de l’armée française s’engage envers s. a. le Dey d’Alger à lui laisser la libre possession de toutes ses richesses personnelles.

3)- Le Dey sera libre de se retirer avec sa famille et ses richesses, dans le lieu qu’il fixera et tant qu’il restera à Alger, il sera lui et toute sa famille sous la protection du général en chef de l’armée française ; une garde garantira la sûreté de sa personne et celle de sa famille.

4)- Le général en chef assure à tous les membres de la milice les mêmes avantages et la même protection.

5)- L’exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté de toutes les classes d’habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce et leur industrie ne recevront aucune atteinte ; leurs femmes seront respectées ; le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur.

6)- L’échange de cette convention sera fait avant dix heures du matin, et les troupes françaises entreront aussitôt après dans La Casbah et s’établiront dans les forts de la ville et de la Marine. Lorsque la nouvelle de la prise d’Alger parviendra à Charles X, ce dernier se rendra à la cathédrale de Notre Dame à Paris pour « remercier Dieu et lui rendre grâce de la grande victoire remportée par la Chrétienté sur l’Islam ».

Cette convention ne sera jamais respectée par les Français, elle sera bafouée avant l’entrée de de Bourmont dans Alger le 5 juillet 1830 après 12 heures. Plusieurs officiers et leurs hommes entrèrent avant 10 heures dans Alger par Bab Djedid (Porte Neuve) et Bab Bhar (Porte de la Marine). Un pillage et une mise à sac d’Alger vont s’en suivre. E. Pelissier de Reynaud rapportera que : « Jamais peut-être une occupation ne s’est faite avec autant de désordre administratif que celle d’Alger même dans les siècles les plus barbares. Les hordes du Nord qui s’arrachèrent les débris de l’Empire romain se conduisirent avec plus de sagesse et de raison... ce qui était d’autant plus choquant que la ville d’Alger était peut-être le point du globe où la police était le mieux faite. Les vols naguère presque inconnus se multiplièrent dans des proportions effrayantes et les indigènes en furent encore plus souvent les victimes. Le général Loverdo... a tellement pillé que six mulets ont été chargés de ses vols » (lettre d’Aubry de Bailleul au journaliste Augustin Jal).

Le général de Bourmont, entré après 12 heures, se préoccupera davantage du trésor de la Régence. Une commission de trois membres, formée de l’intendant en chef Denniée, du payeur général Firino et du chef d’état-major, commandant la place d’Alger, le général Tholozé, était chargée de faire l’inventaire du trésor. « Les portes de l’hôtel des Monnaies qu’on ne songera à occuper qu’au bout de deux ou trois jours se trouvèrent enfoncées ; toutes les valeurs avait été enlevées... » Ce qui restait du trésor fut pesé et non compté. Le poids d’un million en or équivalait à 666 livres et le poids d’un million en argent à 10 000 livres, l’inventaire des fonds aurait été estimé à 47 millions de francs (180 millions selon le capitaine de frégate Matterer), indépendamment de la prise de 1500 canons, de 12 bâtiments navals, d’immeubles considérables et de la mise à sac de la ville jamais évaluée.

Quant à l’expédition, elle avait été estimée à 25 millions de francs ! Le trésor fut chargé sur 5 navires : l’or sur le Marengo et le Duquesne, l’argent sur le Scipion, le Nestor et la Vénus. L’officier-interprète t. i. Urbain, dans son Histoire de l’Algérie écrira que : « Les édifices publics, les riches villas des environs d’Alger furent saccagés par les soldats qui détruisaient pour le plaisir de détruire.... sans que les chefs opposent la moindre résistance à ce vandalisme ». L’intendant Raynal évoquant les Algérois, « ces prétendus barbares », rapporte un fait qui lui paraît décisif en faveur de l’opinion qu’il a conscience de la civilisation des Maures. « Il existe, écrit-il, à Alger un grand nombre d’écoles où l’on suit un mode d’instruction fort analogue à notre enseignement mutuel. Elles sont fréquentées par tous les enfants maures ou koulouglis, et je ne crois pas trop m’avancer en affirmant que l’instruction est plus répandue dans cet ancien repaire de pirates que dans beaucoup de villes de France. » Alger comptait à la veille de l’occupation française plus de trente mille habitants.

En juin 1731, le philosophe géodésien et naturaliste La Condamine écrit qu’« Alger est une ville fort peuplée, les rues y fourmillent de monde... Il y a à Alger des lieux de commodités, et on ne jette pas comme à Toulon les ordures dans les rues... » A propos de la sécurité, il ajoute : « On m’avait assuré que mes instruments n’y couraient aucun risque et qu’il était inouï qu’on y volât dans les maisons... Effectivement, toutes mes affaires sont restées à la discrétion des voisins et on n’a touché à rien. La promptitude, la sévérité et le peu de formalité de la justice procurent cette sécurité. »Une question nous taraude aujourd’hui l’esprit : l’Algérie est-elle en droit de réclamer à la France le remboursement de ses dettes d’avant 1830 et la restitution du trésor d’Alger ?

Y. F. : Fondateur d’Algérie Actualité, Auteur de Doulce France, ed. Dahlab
Note de renvoi :

1) Dufour, France-pays arabes. Avril 1975.

Par Youcef Ferhi

 

Commentaires

 
Le 27/05/2008 à 22:13, par hocine bensebane
Bienvenue dans mon village il suffit de suivre le guide, pour decouvrir un paysage , une culture, la chaleur humaine et le bon gout du terroir.


Le 30/10/2008 à 18:31, par hocine
bonjour a tous c est rania nait hamoud de creteil je suie tres fier de vous tous et que dieu vous protege et vous donne laforce daller le plus loin possible dans cette tres belle initiative j aie un peu pleuree dejoie de revoire notre village et toutes c est richesse atoi mon cousin kamel et toi rania deradji j espere que vous aller tous bien et jes pere avoire de vos nouvelles pro chainement gros bisous dela part de mets enfants et petiits enfants abintot in challah et toi hocine fait un gros bisous a ta soeur houria de ma part et pour un donc me telef au 01 43 77 74 45 MERCI

 

Le 29/05/2008 à 14:15, par hocine
Le logo du village vous plais t'il ??? (Tasoualt tébércécéne) faites une proposition !!!

Le 04/06/2008 à 21:27, par gilles
merci hocine de nous faire découvrir ton village .
pour ton logo on ressent l odeur des fruits de ta région et la bonté des habitants de tazla .
continue a les aider au développement cette belle région .
soit fort ,un village est derrière toi
et j invite tout le monde a te soutenir dans ton projet gilles leclercq

Le 05/06/2008 à 14:47, par hocine
Bonjour Gilles, si un jour tu passes par Tazla les portes te seront ouvertes , nous avons un paysage magnifique une jeunesse dynamique et travailleuse et amoureux de leurs terre et je ne parle pas de la nourriture.
Merci pour tes encouragements
Hocine

Le 11/01/2009 à 10:46, par rania nait z
bonjour rania et houria chere cousines je vous souhaites a vous et a toutes votres familleune bonne et heureuse annee 09 etsur tout une bonne sante quand a toi hocine la meme chose bien sur et aussi a toi cher cousin abdelouhaibe de zrala bonjour a ta femme et tes enfants et a mon oncle mhamed zouina et tout les nait hamoud une bonne heureuse annee atous bisous salut et courage atous et que dieu nous proteges tous inchalla abientot de se voire etpourqoua pas a tazla tcho aplus rania .

Publié dans Tazla le village 2008

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