NOTES DE VOYAGE - EN ALGÉRIE

Publié le par tazla-en-kabylie

Par Hocine :: 24/01/2009 à 17:45 
  Du 08 au 20 décembre 2008

                           

Par Rémi SERRES

 

A la demande de BEDE, je me suis rendu en Algérie du 09 au 19 décembre 2009 en qualité de membre de l'association  PROMMATA  (promotion du matériel  moderne à traction animale) pour accompagner Nordine (chargé de mission BEDE) et Jo ballade (formateur de Prommata) et les assister dans un programme de démonstration et de formation sur un ensemble d'outils que nous avions embarqués avec nous. Cette action inscrite dans le programme de développement concerté du village de Tazla était attendue des villageois. BEDE avait prévu de déborder du cadre villageois et faire connaitre ce matériel alentour, car dans ces massif montagneux la traction animale reste l'unique moyens de mécanisation des travaux aux champs.

 

Le voyage a été assez éprouvant : mauvais temps, froid, neige, mais très intéressant.

 

Lundi 8 décembre

 Départ de la ferme vers Mèze, c’est le village où habite Nordine, il se situe entre Béziers et Montpellier.

            Arrivée là-bas vers 18h00. La kassine, ou porte  outil a été livrée par l’association Prommata d’Ariège. Tout ce matériel est démonté, mais il faut le mettre en carton et bien ficeler le tout. Nous nous retrouvons avec 5 cartons assez encombrants et le tout pèse 180 kilos. La voiture de Nordine refuse de tout contenir ! Mais il reste ma vieille 205 fourgonnette qui ne demande qu’à se rendre utile et là tous les cartons et même nos deux sacs de voyage trouvent place.

Le lendemain à 5 heures, debout, nous devons être à 8 heures à l’aéroport de Marseille. Notre trottinette arrivera à temps à l’aéroport de Marignane. Sans perdre de temps, il faut trouver des chariots, décharger la voiture et pendant qu’un garde les bagages, l’autre va garer la voiture, elle attendra sagement notre retour.

            Chacun notre chariot, nous partons vers les contrôle. Qu’est ce que c’est ? Combien ça pèse ? …etc.… Tout se passe à peu près bien, mais quand même au passage nous payerons un surplus de 500 euro pour le supplément de bagages.

            Vol sans problème, nous arrivons à Alger vers les 11 heures et là, contrôle à nouveau. Les douanes veulent taxer aussi un peu au passage. Nordine parlemente, fait voir l’invitation du village. Les deux douaniers se concertent, le méchant veut nous faire payer, le gentil veut nous laisser passer. Un petit moment de suspens : le gentil, l’emporte, nous ne payerons pas de douanes, c’est toujours ça de pris. Fouille, fouille encore, vraiment se serait difficile de passer un clandestin dans sa valise !

            Enfin, nous voilà dehors avec nos deux chariots, ouf !!

Un frère de Nordine venu de Bougie, 4 heures de route, nous attend, mais pas question de tout mettre dans la même voiture. Heureusement, un cousin de Nordine est là aussi, avec une voiture de location (elle, nous servira pour le séjour). Un peu d’ingéniosité, nous arrivons à mettre tous les bagages et les  passagers dans les deux voitures.

            Vers Bougie – La route est bonne par endroit mais certains passages sont pleins de nids de poule. Quelques quatre heures plus tard nous arrivons à Akbou. On trouve un hôtel pas trop cher, mais pas de chauffage, ni d’eau chaude peu importe, on ne se lavera pas.

Nordine téléphone et jusqu’à ce que l’on reparte, il téléphone !! Sans exagérer beaucoup, il tient le volant d’une main et le téléphone de l’autre. Quand, on apprend qu’il est là-bas entre sa famille et surtout les gens qu’il a à voir, ça n’arrête pas de sonner.

 

Mercredi 10 

 Lever 7 heures, le travail n’attend pas !! Un transporteur (Aziz) du village Tazla vient prendre notre matériel, je pars avec lui. Nordine, me laisse tomber !! Il doit rencontrer le président de la chambre d’agriculture pour organiser une démonstration de notre machine (à cause de la neige, la démonstration n’aura pas lieu).

 

            Quant à nous, le transporteur et moi même, nous partons vers la montagne. Le transporteur est très gentil, mais on a du mal à se comprendre. Trois heures et demie de route, et voici Tazla.

Beaucoup de villageois sont sur la place du village, on s’embrasse. Aâmi Rémi, Aâmi Rémi ! (Oncle Rémi !)

Mais il faut montrer la machine, les gens sont là et veulent voir cette nouveauté. Nous cherchons, un peu pour assembler ce kit. Moi-même, je l’avais toujours vu montée mais jamais en pièces alors nous avons cherché ensemble et c’était plutôt amusant, personne ne s’est pris la tête. Avec ça, vers trois heures, une famille m’a pris à manger chez elle.

 

On m’a d’abord reçu dans ce que l’on pourrait appeler le « salon », mais il faisait froid. Après un moment d’hésitation et quelques palabres entre eux, j’étais admis dans la cuisine. Là, il y avait un petit fourneau et c’était beaucoup plus tempéré, mais il y avait aussi les femmes et les enfants.

Le soir, je parlai de tout ça à Nordine, qui me dit : «C'est une marque de confiance et de fraternité de t'accueillir dans la cuisine. Ici l'intimité de ces foyers n'est ouverte qu'à des gens très proches ».

Il est déjà tard dans l’après-midi mais il faut essayer cet outil. On amènera un jeune mulet –pas question de l’approcher de cette machine rouge, ni le chuchotement à l’oreille, ni le fouet ne réussiront à approcher la bête de l’outil. Mais il y a un petit âne, pourquoi pas, on essaye. Mal harnaché et vraiment trop petit, mais il a la bonne volonté et nous réussissons à faire « 3 à 4 sillons. Nous ferons mieux demain.

            A notre arrivée, il était prévu que deux mules dressées devaient nous attendre, mais on n’a pas dû se comprendre tout à fait. On va s’adapter.

            Nordine vient me chercher et nous redescendons. Je vais à l’hôtel sans chauffage et Nordine est dans sa famille. Je me trompe de sac, Nordine se retrouve avec mon sac, sans papiers ; il ne prendra pas  le risque de rentrer à l’hôtel dans la nuit, les barrages et les contrôles sont très fréquents là-bas et dans la nuit, sans papiers, tu risques fort de te retrouver au poste de police.  

 

Jeudi 11 

Nordine passe me prendre et nous partons vers Bejaia, Sur la route, Nordine a échangé un peu d’argent. Il a dû faire la queue plus d’une demi-heure

 

            L’après-midi, nous ne monterons pas à Tazla. Trop de route. Nous faisons le tour des quincailleries, il faut comparer les prix et marchander, nous cherchons des piquets de fer pour faire des treilles. La jeune vigne qui a été planté à Tiniri, financé en partie avec notre argent, commence à pousser et il faut une armature pour que le raisin mûrissent bien.

            La soirée se passe chez un des cousins de Nordine. Là encore, nous sommes reçus comme des frères alors que son père a été amené par l'armée française, attaché au fil de fer, jeté dans un ravin et criblé de balles à la sortie de son village...  Chez eux, c’est le confort, chambre chauffée et même douches chaudes. Ca fait du bien de se laver au bout de trois jours de voyage !!

 

Vendredi 12 

 Vers 11 heures, nous récupérons Jo Ballade, l’animateur de Prommata, à l’aéroport. Nordine à plein de truc à faire en route, nous arriverons à Tazla, tard dans l’après-midi.

A Tazla, nous habitons dans une pièce assez grande: trois petits lits et au milieu une table. Après le repas du soir qui est servi dans cette pièce, nous attaquons de refaire le monde et surtout le monde de Tazla. Ca palabre beaucoup, un peu en français et surtout en Kabyle. Ca fume aussi beaucoup, la petite salle est vite pleine de fumée, on ouvre la porte, mais il fait froid. Le seul chauffage est un petit radiateur électrique.

Et ça palabre jusqu’à minuit, une heure, Nordine traduit un peu mais passé minuit ça devient dur et l’on pense tout bas que s’ils avaient la bonne idée de partir se serait bien.

J’ai mal au dos et j’aimerai bien m’allonger. Quand il faut, il faut ! On tiendra jusqu’au bout !!

 

Samedi 13

Nordine s’est levé à 5 heures, il est parti à Ghardaïa, huit heures de route ; Il a pris quelqu’un de Tazla, il voudrait créer un échange entre les montagnards kabyles et les mozabites du désert, échange d’olives et de figues contre dattes, échanges de gamins pendant les vacances... Tazla est d’accord, Ghardaïa n’est pas tout a fait prêt pour l'échanges des enfants pendant les vacances,  mais l’idée est lancée ce sera pour plus tard.

De plus, Nordine travaille avec les paysans de Ghardaïa : retrouver les variétés de dattes qui poussent le mieux ; « On est en train de perdre des dizaines de variétés »

Comment conserver l’eau dans ce désert où il pleut une ou deux fois par an. Nappes souterraines, arrosage par (?????). Traction animale aussi, ils veulent essayer dans les petits jardins inaccessibles à la traction mécanique. Races de chèvres rustiques qui mangent les dattes avariées et même les noyaux. Toute cette biodiversité que BEDE veut défendre à travers Nordine. Un travail obscur mais combien nécessaire si l’on veut que la planète survive.

            Je m’éloigne de mes mulets ! Parlons en des mulets ! Jojo Balade propose à nos deux paysans d’atteler leurs mulets comme ils savent le faire pour tirer leur araire, le seul outil qu’ils ont. La démonstration n’est pas très concluante, les mulets sont très mal attelé, ficelles, vieilles sangles. Ils ont beaucoup de mal à donner le meilleur d’eux-mêmes. Je dirai même qu’harnachés de cette façon, ils ne peuvent pas être très efficaces.

Nous essayerons la kassine, mais ce n’est  pas une réussite, les bêtes sont très peu dressées et les résultats sont peu concluants. La morosité et même le découragement flottent dans l’air. Les paysans commencent à douter de notre machine. Qu’est ce qu’on fait ? Après beaucoup de palabres, toujours des palabres, ils vont aller chercher un autre mulet, bien dressé, dans le village voisin. Jo et moi-même, nous allons essayer de trouver des colliers pour que les ces mules puissent tirer sans avoir mal. Nous allons au bourg de Tizi Lekhmis - des colliers- « oualou »- que faire, nous achetons des sangles, des rivets, du fil, une aiguille et nous confectionnerons des  bricoles  c’est moins bien que le collier, mais c’est mieux  que des ficelles. Avec ce que nous avons, nous arriverons à construire des harnais corrects, on va même épater les cochers.

            Le soir, repas dans notre pièce suivie de la soirée très longue, palabres encore palabres et enfin on peut s’allonger.

 

Dimanche 14:

Il pleut, il neige. Jojo s’est réveillé avec le lit tout mouillé, l’eau est entrée par la fenêtre qui ferme mal. La pièce est inondée, mais moi, je m’en sors bien, le hasard a voulu que mon lit  soit à la bonne place, de temps en temps un peu de chance, ça fait du bien !

Nous continuons à confectionner nos harnais, mais il nous  manque des trucs et l’après-midi, nous descendons à Akbou, une heure et demi de route. Les commerçants sont très gentils, notre traducteur à beaucoup d’humour. On nous offre même le café. Les commerçants font tout pour nous trouver ce qui pourrait nous aider à confectionner nos harnais, on improvise, on cherche, attache rapide, crochet plus petit. plus gros , Rien de tout ça n’est fait pour faire des harnais, alors on invente, même si on ne comprend pas tout, c’est très convivial, on arrive à trouver ce qui convient le mieux.

            Nous repartons vers Tazla, mais n’étant pas trop sûr de notre route, nous demandons à un monsieur qui marche à pied au bord de la route. Il nous indique le chemin et en profite pour nous demander de le prendre et la conversation s’engage.

Le monsieur est de mon âge, il était dans le maquis. Nous tentons le coup et nous expliquons qui nous sommes et ce que nous faisons.  Sa réaction est spontanée, il me tend la main et me traite en frère, nous lui donnons une plaquette Il promet de la lire et de donner des nouvelles, le fera-t-il ? Dieu  nous a fait rencontrer, dit-il, il nous quitte tout réjoui,

 

Lundi  15

 Il neige, difficile de sortir du lit, dans la nuit déjà, comme toutes les nuits, il faut aller se laver dehors et par moins 2 degrés, j’ai hésité longtemps avant de me lever, mais on n’a pas le choix. «  L’endurance nous forge le caractère ».

Jo Balade veut prouver que notre machine marche. Le mulet du village voisin est amené, quand la neige s’arrête, Jo et les deux paysans partent avec la kassine. Jo explique, explique. Labourer le moins possible, pour éviter l’érosion, plutôt sous-soler, faire  des sillons parallèles à la pente pour retenir l’eau. Jo explique encore, qu’au Burkina, en changeant les façons culturales, les rendements ont été multipliés par trois, le  sorgho est passé de 500 kilos/ hectare à 1 tonne 800.

A midi, nos trois paysans ont le sourire. Jo a réussi à faire passer une partie de son message. La Kassine peut changer la façon culturale, elle peut apporter un plus par rapport à l’araire. La confiance et le dialogue démarrent entre nous.

            Pour ma part, j’ai passé la matinée à confectionner un timon et des brancards, le timon pour les 2 mulets, le brancard pour  un  mulet.

Ca n’a pas été simple : il faut trouver trois bouts de bois, un hache, un vilebrequin à main pour faire les trous. En cherchant, nous arrivons à trouver le timon, reste le brancard, là aussi, nous trouvons deux petits chevrons mais si on veut les prendre il faudra payer.

            Pas besoin d’être sculpteur pour fabriquer un timon mais ça intrigue, il ne manque pas de monde pour voir ou pour donner des conseils.

Un ancien arrive avec sa hache, il veut m’apprendre, c’est son métier, dit-il et le voilà en train de me remettre le bois rond, alors que pour l’emboîter dans la Kassine, je m’étais appliquer à le faire carrer. Je me fâche et tout simplement je l’arrête. Il le prend très mal. Plus tard, à l’aide d’un médiateur, nous nous réconcilions. Il me prendra la main et me dira que je suis son ami. Discrètement, un jeune a filmé la dispute et la réconciliation.

A midi, le timon est prêt, les brancards aussi. Jo et ses amis laboureurs sont plus confiants. Cet après-midi, nous allons atteler la kassine avec le timon et avec les brancards. En effet c’est un outil que l’on peut atteler avec des chaînes (traction souple, comme dirait Jo), ou avec le timon et deux mulets. (On appellera ça traction rigide).

On va essayer, le premier mulet du village voisin, qui est dressé, il n’a jamais été dans un brancard mais il est coopérateur et la démonstration est très concluante.

            Confiant de notre première « réussite », nous allons essayer avec les deux, mulets, un dressé, l’autre pas. Les deux bêtes se donnent confiance et nous arrivons à les atteler à la Française. Le timon pendu au cou des mulets, les bêtes ont belles allures. Le mulet pas dressé qui ne voulait pas approcher de cette machine rouge n’a plus peur. Sur nos conseils, les villageois ont fait dormir le mulet près de la machine. Il a vu que ce n’était pas dangereux, et c’est parti deux mulets bien attelés.

Les deux paysans ont le sourire, ils sont fiers. Nous labourons, nous passons la sous-soleuse, nous faisons des raies parallèles à la pente. Le courant passe, les paysans découvrent la machine, c’est mieux que l’araire.

 

            Après le repas, nous commentons la journée, il est déjà 9 heures du soir et voilà que Nordine arrive, il revient de Ghardaïa. Parti avec un paysan du village de Tazla et un autre du village de Béni Maouche, toujours dans le souci d’inciter les villageois à échanger avec d’autres paysans. Il  nous dira un peu ce qu’il a fait là-bas.

Le métier de phoeniciculteur, dangereux et peu rémunérateur est en nette régression. Si le phoeniciculteur disparaît c'est la biodiversité qui sera atteinte car il ne subsistera plus que les  immenses palmeraies « modernes », plus ou moins mono variétales.

L'immense savoir faire des oasiens risque d'être perdu à jamais. BEDE  a commencé par encourager un paysan de Beni Isguen à écrire un ouvrage sur le palmier et les pratiques culturales  mises au point au fil du temps par ses ancêtres et améliorées par sa propre expérience. Les premiers chapitres sont déjà écrits et sont en cours de mise en forme. Il faut maintenant de trouver des aides pour  éditer l'ouvrage en français et en arabe.

Il ne s'agit pas non plus de maintenir figées les pratiques culturales mais de les moderniser pas  à pas en introduisant des améliorations accessibles aux paysans.  L'idée est de concentrer sur le site de Beni Isguen un ensemble de techniques simples qui rendent le travail plus efficace et moins dangereux. Le projet de BEDE est de ramener à Beni isguen des techniques expérimentées avec succès ailleurs ou de s'inspirer d'activités d'escalade comme l'élagage et l'alpinisme.  Au fur et à mesure de leur validation, ces techniques pourront être enseignées par des paysans  pour des paysans. Pour un projet si ambitieux, BEDE a besoin de trouver sur place un partenaire associatif qui partage ces objectifs. Nordine  a donc rencontré l'association « Tazdait » (le Palmier) de Beni Isguen. Il est revenu très optimiste. Pour lui le fait que cette association regroupe à la fois des paysans des techniciens et des scientifiques, augure d'excellentes perspectives.

 

Mise au point au sujet de Tazla. Avec Jo, nous donnons notre compte rendu. Nordine ne comprend pas Il avait convenu que le jour que nous arriverions avec la kassine deux mulets dressés et harnachés seraient prêt à fonctionner. Pourquoi, se n’était pas prêt ?

Il y a eu incompréhension. BEDE attendait la facture pour donner les sous et les paysans attendaient les sous pour envoyer la facture.

Ca va s’arranger, Nordine donnera des sous qu’il avait prévu pour acheter les piquets pour la vigne, la vigne peut attendre. On a encore quelques mois avant le débourrement.

 

La soirée continue et nous échangeons sur le pourquoi de la kassine. Jusqu’à présent, les villageois ne connaissent que le travail à la main et un peu l’araire et surtout pour eux, le labour est indispensable. Nous essayons d’expliquer que peut-être la sous-soldeuse et les sillons parallèles à la pente seraient mieux que le labour. A notre avis, il y aurait moins d’érosion et l’eau, à la saison des pluies, s’infiltrerai davantage. La kassine n’est pas un araire amélioré mais un outil qui peut permettre de changer les façons culturales et par là même la vie d’un village.

La discussion se poursuit toujours. Comment faire pour que la terre garde l’eau pendant la saison sèche ?

BEDE a fait un essai à Tazla,, cette fois, se basant sur l’expérience très ancienne où l’on mettait des jarres au pied de l’olivier. Ces jarres étaient remplies d’eau et au travers des pores elles rendaient l’eau à la terre. Pourquoi, ne pas faire pareil. Se basant sur une expérience tunisienne, il y a deux ans il fut creusé des trous à coté des oliviers. Ces trous de 1 mètre 3 environ furent remplis de gravier d’abord, de terre ensuite et par système de tuyau qui remonte à la surface, ces trous sont remplis en hiver quand l’eau est abondante. L’essai ne fut pas concluant la 1° année mais la 2° année les oliviers arrosés sont couverts d’olives et ceux qui n’ont pas eu l’arrosage ont une petite récolte. Les villageois parlent beaucoup de cet essai.

            Nous parlons encore de l’adduction d’eau commune. Mais déjà, les villageois avaient prévu une autre  façon d’installer l’eau courante dans les maisons, notamment, en partie avec une subvention de particuliers. Après des longs échanges, ils décident d’installer l’eau comme ils avaient prévu, pourvu que le financement acquis soit complété par nos propres subventions, car il risque de ne pas suffire. Ils veulent en faire leur affaire, installer l’eau eux-mêmes, c’est important pour eux.  On va réfléchir. Il est déjà très tard ou plutôt très tôt. Les villageois s’en vont et on peut dormir un peu.

 

Mardi 16 

 Je disais plus haut que nous devions organiser une démonstration de Kassine à Tazla –la chambre d’agriculture, la DDA étaient d’accord- mais, vu la pluie et la neige, nous changerons de tactique.

La veille, Nordine et les autorités décident d’une réunion en salle, et nous voilà partie vers Akbou, une heure et demi de route. Une centaine de personne nous attendent dans la salle de la mairie. Autorités certes, mais aussi beaucoup de paysans.

Nous passons le film sur Prommata et sa kassine, les débuts de l’association. Jean Nolle, le fondateur, qui avait mis au point ces outils pour les « paysans abandonnés » disait-il. N’oublions pas que dans le monde 80 % des paysans travaillent à la main, 18 % à la traction animale et 2 % à la traction mécanique.

            Et à travers le film, nous découvrons comment avec la kassine et l’attelage, mulet, bœuf, buffle, âne, on peut soulager le travail des hommes et des femmes.

            Nous découvrons, encore, comment en travaillant le sol autrement, on peut améliorer le rendement. Le film est regardé très attentivement et la discussion commence, et voilà que la kassine arrive. La voiture qui descendait notre outil de Tazla était tombée en panne, elle a pu se dépanner avec du fil de fer  et la machine arrive juste à temps pour que Jo puisse expliquer, il  n’y a pas qu’à Lourdes qu’il y a des miracles !!

            Les paysans posent beaucoup de questions, Jo présente un peu la machine et leur dit comment l’association fonctionne. Son souhait, c’est faire comme au Sénégal, où après avoir amené une première machine, un forgeron formé par Prommata fabrique sur place les machines bien adaptées aux paysans Sénégalais. L'artisan fabrique à la demande des paysans et non l’inverse comme peuvent faire les marques de tracteurs.

« Nous ne venons pas ici pour faire du business, nous sommes là pour vous proposer un prototype qui peut, peut-être soulager votre labeur. A vous de l’adapter et de le diffuser si vous y trouvé votre compte; et si cette machine peut mettre ou remettre un peu plus d’amitié entre paysans et entre hommes, se sera encore mieux ». Et là la salle a applaudit très fort, le mot Amitié a déclenché plus d’enthousiasme que la machine elle même.

 

            Parmi l’assemblée, certains ont entendu parlé des clôtures électriques que nous avions installé à Tazla. Nordine, qui pense à tout, à un petit film, il passe une petite séquence, beaucoup de paysans sont intéressés. Est-ce qu’il y a danger d’électrocution ? Combien ça coûte ? Comment se les procurer ? Nous informons le mieux possible. A suivre.

 

            Le directeur de la DDA prend la parole. Il a été séduit par la kassine et tout ce que l’on peut faire avec. Nul doute, dit-il que c’est un outil pour nos montagnes et il nous invite à la fête de l’olive le 4 février 2009 – pour que nous reparlions de cette machine et si possible que nous fassions une démonstration sur le terrain. Il est prêt à prendre en charge notre voyage (ce ne sont pas que des paroles)

Il est déjà deux heures de l’après-midi. Le temps de ramasser notre matériel et  de casser la croûte. Entre nous, nous échangeons sur la réunion. Nous sommes assez content de nous : tout compte fait la pluie et la neige nous ont rendu service. La réunion en salle c’était mieux. Sur le terrain, nos animaux mal dressés auraient pu décourager les fellahs et en février si on revient la démonstration avec les animaux mieux dressés sera beaucoup plus concluante.

Via vers Bougie, nous cherchons un hôtel avec douches chaudes, ça nous permettrait de nous laver. A Tazla,  l’eau est froide et pas question de se laver. Nous pensions avoir le temps d’acheter quelques gadgets pour nos familles, mais il est trop tard, la plupart des magasins sont fermés, on verra demain.

A l’hôtel, on arrive même à avoir du vin, c’est mieux que le « gazouz », Jo se permet même de prendre un bain !!Non mais !!! Nous avons tous des contradictions !!

 

 

Mercredi 17 

Nordine a eu un coup de fil de Tazla, les enfants qui vont à l’école, grâce, en partie, à notre aide ont obtenu d’excellentes notes.

Nous décidons de fêter ça! C’est le moment de penser aux gâteries pour les enfants, gâteaux, peintures, papier dessin, bonbons, mandarines, jus de fruits et nous repartons vers la montagne. Il neige, il neige, la route devient difficile et avant d’arriver à Tazla on ne peut plus avancer, il faut attendre le tractoriste qui nous fera le passage. A Tazla, n’a pas de neige, c’est une petite cuvette entre les montagnes. Peut-être demain, on pourra travailler un peu.

Réunion dans la salle commune pour fêter les bonnes notes des enfants qui terminent leur premier trimestre. Les 13 gamins sont là. On se présente, on échange. Les pères et les amis sont là, les mères elles ne sont pas là, hé ! Oui, il y a des coutumes que l’on n’efface pas d’un revers de manche.

Les gâteaux, les bonbons, les oranges, les peintures sont distribuées à chacun et les adultes mangent les restent, la petite fête est très sympathique, les enfants sont ravis, c’est une première pour eux.

 

            Après le repas, réunion avec les Tazlaouis, remise de l’argent pour acheter les mulets, comment sera géré la kassine discussions et palabres: finalement les villageois décident de donner la kassine à Chérif et Samir Nait Hamoud. Se seront les entrepreneurs, ils feront l’entreprise, en échange, ils travaillent les terres du village en priorité et à un prix préférentiel inférieur de 500 dinars / jours au tarif normal. La kassine et le matériel leur appartiendra définitivement au bout de 5 ans. Ils travailleront aussi les terres des villages à coté. Ils disent, qu’ils ne vont pas manquer de travail. Ils y croient. Chérif a abandonné un emploi à Bordj, pour se lancer dans cette petite entreprise : une famille de plus qui est revenue à Tazla.

            La réunion se poursuit : quelles sont les priorités des prochains investissements, brebis à acheter, mais comment les nourrir. Où les loger ? Qui s’en occupe? On reparle de l’adduction d’eau, clôture électrique. Celle que nous avons posé ensemble fonctionne bien, les sangliers ne viennent plus dans ce jardin. Est-ce que l’on en pose d’autres ?

            Les jeunes : pour le moment, les enfants vont à l’école, mais après qu’est-ce qu’on leur offre au village ? Comment intéresser les gens à la campagne. Comment inverser ce mouvement qui d’ailleurs est mondial : passer de l’exode rural à l’exode urbain ? Ce n’est pas une mince affaire, mais même à Tazla, nous parlons de problèmes mondiaux.

            A notre demande, les villageois doivent réfléchir à leur priorité et dans le mois de janvier nous ferons part de leur plan. La commission projet pourra y réfléchir, avant l’assemblée générale.

Les discussions finissent encore très tard. C’est le dernier jour à Tazla.

 

Jeudi 18

La pluie et la neige ont cessés de tomber. Ici la terre se ressuie très vite, on pourra faire un dernier essai de la kassine. Jo s’occupera de préparer  la machine et les mulets. Avec Nordine, nous partons pour Tiniri, le village voisin.

            Quand BEDE à cherché des villages témoins  comme Tazla, Tiniri a été aussi sollicitée. Une seule famille a été retenue et depuis nous travaillons avec cette famille élargie : le père et quatre enfants installés avec lui.

Chez eux, nous avons installé une clôture électrique, planté de la vigne, des figuiers améliorés l’irrigation du jardin, arrosé les arbres par trou … et quand nous allions à Tazla, nous allons aussi à Tiniri.

            La famille a acheté une paire de bœuf et travaille à l’araire. Nordine s’entretient avec la famille de tout ce qui a été fait et ce qui reste à faire, faire vivre 5 familles sur un bout de terre n’est pas une mince affaire. Le père, Belaïd veut voir cette machine, nous l’emmenons avec nous.

            Jo a commencé le travail. Ils travaillent les oliviers, comment aérer la terre et éviter l’érosion ? La sous-soleuse et les raies en travers semblent être une bonne solution. Le terrain est mou, mais Jo et les deux cochers arrivent à faire quelques sillons. Il faut passer le plus prêt possibles des oliviers; Jo prouve qu’en réglant bien la machine, on peut s’approcher autant qu’avec l’araire ; Le courant passe Chérif et Samir sont contents. 

 

            Belaïd, est très intéressé par la kassine, oui, mais peut-on atteler des bœufs, peut-on y adapter une charrue réversible ? Nous expliquons, nous mettons le timon au lieu des traits. Notre  homme pose beaucoup de questions. Nous reparlons de tout cela mais déjà il semble qu’il faudrait une autre kassine. Cela éviterai beaucoup de peine à la famille de Belaïd et ça pourrait augmenter le rendement de ses terres.

            Après le repas, à la salle commune, avant de descendre à Bejaïa, réunion de bureau, Nordine est exigeant : Pourquoi à notre arrivée, il y avait qu’un seul mulet à peine débourré, alors que deux mulets dressés devait nous attendre ?, On s’explique et chacun reconnaît ses erreurs. Pourquoi certaines poubelles ne sont pas triées ? Pourquoi certains plastiques sont encore jetés dans la nature ? Je temporise un peu, Nordine ne fait pas de cadeaux. Et maintenant qu’est ce qu’on fait ? Quelles sont les priorités ? Les projets collectifs ou les projets individuels ? Comment on aide Hicham ce jeune de 18 ans qui voudrait s’installer au village et exploiter le lopin de terre de son père ? Faut-il lui payer des stages ailleurs ? Comment l’encourager moralement et financièrement ? Que lui conseiller de faire ? Arbres, abeilles, jardins, petits élevages de lapin ? Le village n’a pas de lapins. Notre association à travers BEDE pourrait prendre en charges les stages de ces jeunes qui voudraient apprendre le métier de paysan.

Toujours le même problème qui revient : inverser le balancier : Plutôt ville vers les campagnes, que campagne vers villes. Si modestement, notre association contribue à ce changement, nous aurons fait une belle chose.

 C’est le soir, il faut redescendre Demain JO prend l’avion à huit heures. Les « au revoir » sont toujours aussi émouvants, « Quand est-ce qu’on vous revoit ? », « Merci pour tout ! ».

            Il fait nuit depuis longtemps lorsque nous rejoignons notre hôtel à Bejaia. Malgré le mauvais temps notre séjour nous paraît très positif. Est-ce qu’il faut revenir le 4 février pour la fête de la figue ? Qui revient?  Comment améliorer le travail à Tazla ? Les bousculer un peu ou les laisser avancer à leur rythme ? Difficile de décider ce qui est le mieux. La phase des projets individuels est délicate. Les projets avancent de manière inégale. Comment discerner ce qui va de la nonchalance des individus et ce qui va de leur manque d'information et de leurs difficultés à construire leur projet ?  Le risque est de laisser sur la route des paysans qui ne manquent pas de volonté mais qui se débrouillent mal.  Nordine va en parler avec ces collègues de BEDE.

            Mais il faut bien arrêter. Demain, Jo doit être à l’aéroport à 7 heures, la nuit sera courte.

 

Vendredi 19:

Nordine va conduire Jo à l’aéroport et rendre la voiture de location pour ne pas payer un jour de plus.

Mon collègue veut profiter du temps jusqu’au bout. Réunion, à Sidi Aich avec  les gens du village de Beni Maouche qui  doivent nous voir. Le frère de Nordine nous y emmène. Ce village produit surtout des figues. Le président, d’un âge certain, n’a pas envie de se mettre à l’informatique. Sur les conseils de Nordine, il se fait accompagner du secrétaire de mairie qui est déjà largement impliqué dans le développement agricole de sa commune et qui accepte d'assurer le relais administratif et informatique de l'Association des figuiculteurs. Un paysan du village, producteur de figues est également présent. Nous parlons culture de figuier, transformation, emballage, confitures mélange avec des dattes, ateliers individuels, coopérative. Nordine veille, et les met en garde sur le projet coopératif. Quand on voit ce que sont devenues les coopératives agricoles françaises, on peut comprendre sa méfiance.

            Nos trois villageois semblent aussi très intéressé par la traction animale et la Kassine. Ils nous posent aussi des questions sur les clôtures électriques.

            Pourquoi pas un échange avec la France ? Dans le Gard, il y a un atelier de transformation de la figue qui travaille avec BEDE. Pourquoi les Kabyles ne viendraient-il pas en France pour nous apprendre leurs façons de faire et inversement ? À voir si c’est possible, visa, récolte de figues à la même époque, comment se libérer pour aller ailleurs quand c’est la pleine saison chez nous ? BEDE et les paysans vont réfléchir à des échanges sur la pollinisation, le séchage, le conditionnement et la transformation.

 

            Juste le temps de redescendre à Bejaïa, de manger un poulet frites  dans une « gargote » et nous repartons. Le frère de Nordine est toujours là avec sa voiture et c’est lui qui nous ramènera à l’aéroport. Toute la famille nous aide !

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            Tu te secoues, tu te pinces un peu et via vers l'aéroport. Les deux frères de Nordine sont là, avec leurs cadeaux pour la famille de France. Les adieux, les contrôles, les fouilles, le coup de téléphone à Tazla pour leur dire qu’on a peut-être été un peu dur avec eux et que finalement il se fait quand même plein de choses au village et que ce sont des gens formidables, qu’ils sont en train de prouver que l’on peut vivre de la terre sur les pitons kabyles, qu’ils sont en train de prendre leur petite part pour inverser le balancier dont je parlais plus haut.

            On s’envole pour 1 heure 30 de vol. À Marseille,  notre voiture nous attend. 2 heures 30 de route et nous voilà à Mèze, le village de Nordine. Françoise, sa femme, nous attend. Sa bonne humeur, son sourire et son accueil n’ont pas d’égal. Repas. Dodo. Demain nous rejoindrons la maison.

 

Samedi 20 :

Je repars vers le Tarn. Je fais escale chez Georges Treillou, et raconte le voyage. C’est fini.

 

Volontairement, je n’ai pas parlé d’Hocine. J’ai envie de lui consacrer un petit paragraphe. Hocine est né à Tazla. Il est venu en France à l’âge de quatre ans. Aujourd’hui il est dans la logistique de tournée pour un opéra à Paris (si j’ai bien tout compris…). Lorsqu’il a découvert notre association, il s’est dit que puisque d’autres faisaient quelque chose pour le village, pourquoi pas lui.

            Il a fait un site Internet « Tazla mon village » et il essaie à sa façon d’aider son pays natal. Il nous a accompagné durant tout le séjour, ne ménageant pas sa peine pour nous emmener faire les diverses courses. D’un humour sans égal, il a été un précieux compagnon. Un jour, il m’a emmené voir une cache où se cachait son grand-père. Pas facile à trouver la cache des Fellagas. 

 

J’ai pensé que je vous devais un compte rendu assez détaillé de ce voyage. A travers nous, c’est vous tous ceux qui étaient là. Les mulets et la kassine comme le bus ou l’adduction d’eau sont un support pour nous réconcilier avec ce peuple que nous avons détruit dans tous les sens du terme. Les séquelles de notre guerre sont loin d’être cicatrisées. Chaque jour passé là-bas, nous fait remonter des faits à la figure. La passivité des gens, l’agriculture de montagne détruite, les savoirs faire perdus, la biodiversité très amoindrie. De tout cela, nous sommes un peu responsables.

 

 

Si nous ne pouvons pas revenir en arrière, nous pouvons aider ce peuple et j’aurai envie de vous dire que peut-être : au lieu de se creuser la tête pour trouver des projets, nous pourrions travailler uniquement avec BEDE, j’ai bien dit BEDE et non Tazla. C’est à dire que BEDE a plein de projets dans toute l’Afrique. Est-ce que l’on ne pourrait pas établir des liens plus forts avec cette association et avec elle, chercher les divers lieux et les divers besoins ou nous pourrions employer cet argent. BEDE travaille surtout sur la biodiversité. A ce sujet, voici ce que Pierre Rabhi  dit dans son livre « la terre et l’humanisme », au sujet de la biodiversité : « La biodiversité et l’agro écologie sont peu coûteuses et adaptées aux populations les plus démunies. Seule façon de ces peuples pour regagner l’autonomie, la sécurité et la salubrité alimentaire. Il dit encore : la pratique agro écologique a le pouvoir de re fertiliser les sols, de lutte contre la désertification, de préserver la biodiversité, d’optimiser l’usage de l’eau. Elle est une alternative peu coûteuse et adaptée aux populations les plus démunies. Par la revalorisation des ressources naturelles et locales, elle libère le paysan de la dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant de pollutions et responsables d’une véritable chorégraphie de l’absurde où des denrées alimentaires parcourent chaque jour des milliers de kilomètres, plutôt que d’être produite à l’endroit de leur consommation.

            Enfin elle permet de produire une alimentation de qualité garante de la bonne santé pour la TERRE et pour ses enfants » et il dit encore, si nous ne revenons à ce respect de la terre nous allons tout droit à des famines sans précédents »

Voilà, je ne veux pas citer tout le livre, mais je vous le conseille fortement.

 Avec  ça  pourquoi chercher  d’autres projets ???

            Pendant ces dix jours, nous avons essayé à travers la kassine et les mulets de dire que nous n’avons pas d’autres choix que de revenir à « l’auto bouffe », produire ce que nous mangeons et vendre le surplus et non le contraire.

 

En terminant, je voudrais dire merci à mes compagnons Nordine et Jojo. Ce sont des gens exceptionnels, c’est de grands militants qui m’ont beaucoup apporté, merci à tous, les deux. Je n’oublie pas Hocine dont j’ai déjà fait l’éloge.

            Malgré le froid la neige, l’inconfort (j’ai réparé l’appareil dentaire avec le couteau), ce séjour a été très positif. Dans la mesure de mes moyens et en toute modestie, j’ai essayé d’être en accord  avec notre charte.

            La cuisine de notre association : CA, Assemblée générale, commissions diverses, sites sont nécessaires certe mais  n’oublions pas le fond, le pourquoi, nous nous sommes mis ensemble, adhérents et amis, nous nous sommes engagés pour réparer dans la mesure du possible, nous réconcilier, et, au fond aimer ce peuple ; lutter contre ce racisme si bien entretenue par nos hommes politiques et quelques fois par les médias.

            Engageons nous plus souvent, n’hésitons pas à prendre position contre les guerres et contre toutes les formes de violence.

 

 

Bonne année à tous.

 

Rémi

Publié dans Tazla le Village 2009

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