Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 21:39

De nouvelles photos de Tazla envoyées par Hocine

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Par tazla-en-kabylie - Publié dans : Tazla le Village 2012
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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 10:41

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Le village de TAZLA

 

Par Hocine :: 27/05/2008 à 20:31 

Bienvenue sur le site du village,


Une petite ballade au départ d'Ighil Ali en passant par boni,

Tnet el Nacer, Tizi n'Tazla avec le village


de Sidi Messaoud,  une belle vue sur les montagnes de

Medjana et  descente sur Tazla par la foret avec ses odeurs

de pins d'alèp

 

VUE GENERALE D'IGHIL ALI

Centre culturel Amrouche à Ighil Ali avec ses belles portes







LES FERMES DE BONI



Depuis le stade de Boni ont distingue Tazla au loin


Tnet el Nacer  l'élevage et le verger de notre cousin Fahrat (de Bounda)




Association El Mokrani rencontré sur la route de Medjana de fiers  et beaux Cavaliers






Le verger de Fahrat, il a planté une grande quantité d'arbres fruitier Bonne chance à toi Fahrat


Une très belle vue et du  bon air dans ce lieu




Sidi Messaoud son Ecole


Le village de Sidi Messaoud






Nous sommes à Tizi n'Tazla et c'est la descente au village



















































Ellougane sous la pluie, c'est une erreur mais je la laisse


Vous pouvez cliquer sur le lien et  découvrir les photos de Mycondor 34


Image de Mycondor34 provenant du site Flickr



Image de Mycondor34 provenant du site Flickr

 

 

Le 21/07/2010 à 16:43, par Hocine
Bonjour à Tous,

Un peu de lecture instructive, sur nos racines !!
Il y a tout juste mille ans, en 1007, naissait dans le Hodna, au pied du Djebel Taqarbouzt, la dynastie berbère des Hammadites. Dans un milieu quasiment désertique, le royaume de la Qalaâ des Beni Hammad allait faire naître une brillante mais éphémère civilisation, qui allait rayonner sur tout le Maghreb.
Soixante années après sa naissance, les souverains de ce royaume prospère durent transférer leur capitale des Hauts-Plateaux du Hodna vers les montagnes kabyles de Béjaïa, fuyant devant les essaims dévastateurs des Beni Hilal et des Beni Solaïm. Du Djebel Mâadhid jusqu’au Mont Gouraya, c’est une longue route parsemée de caravansérails et de forteresses que durent emprunter les émirs et leurs populations pour une formidable migration, qui a duré des dizaines d’années, créant au passage une autoroute médiévale baptisée Triq Essoltane.
Dans leur migration, les Hammadites utilisaient l’ancienne voie romaine qui reliait les Hauts-Plateaux sétifiens à Saldae (Béjaïa) par Bordj Bou Arréridj, Medjanna, Bordj Boni, Ighil Ali, Tablast, actuellement Allaghane, avant de longer la vallée de la Soummam jusqu’à la mer. C’est ce trajet que nous avons tenté de refaire avec un rétroviseur braqué sur le passé. A mesure que la voiture quitte les mornes plaines des environs de Msila pour grimper vers le Maâdhid, on a l’étrange impression de se retrouver dans le sud des Aurès. C’est le même paysage de montagnes rocailleuses et de ravins tapissés de verdure qui rappellent les célèbres gorges du Ghouffi. En nous arrêtant pour contempler ce paysage, où cohabitent le vert tendre du laurier rose et le jaune des montagnes schisteuses, notre chauffeur, voyant surgir sur le flanc des collines semé de cactus, des maisons de pierres sèches coiffées de tuiles romaines, s’exclame : « Tiens, on se croirait en Kabylie ! » Pour des Bougiotes partis en pèlerinage sur les terres de la première capitale des ancêtres, le lien est vite fait. Nous traversons la ville de Bechara, qui paraît très animée en cette fin de semaine, avant de voir surgir au loin le fameux minaret de la mosquée de la Qalaâ.

Un vestige séculaire
Au pied de cet immense vestige de 25 m qui vous contemple du haut de ses dix siècles d’histoire, nous sommes tout de même saisis par une certaine émotion. La tour est tellement haute, qu’on a de la peine à la faire rentrer dans l’objectif de l’appareil photo. On ne se lasse pas d’en faire le tour et de la contempler sous tous les angles. Plus on la contemple, plus elle nous paraît familière : ces pierres sèches et cette architecture austère ressemblent à toutes ces maisons kabyles qui parsèment les flancs familiers des Bibans. En plus grand, bien sûr. Les vestiges de la Qalaâ étant situés plus hauts que les villages du Maâdhid, aux alentours, il n’y a que quelques bergers gardant stoïquement leurs troupeaux de moutons sous un soleil de plomb. Au bout d’une heure de visite, l’un des bergers, un vieux monsieur coiffé de son chapeau de paille, s’approche discrètement. Nous profitons de l’occasion pour engager la conversation. Disponible et avenant, notre homme s’avère être un ancien gardien qui a travaillé 35 ans sur le site de la Qalaâ. Amar Ferahtiya, 68 ans, est intarissable sur le sujet. Une vraie mine d’or. A l’ombre de l’immense minaret, cet homme, qui n’a jamais été à l’école, nous raconte ce qu’il a appris à force de côtoyer les chercheurs et les archéologues. « Le site de la Qalaâ des Beni Hammad s’étend sur 7 km. Cette tour est dotée de 131 marches. Sa hauteur initiale est de 30 m, mais elle n’en a plus que 25 après sa restauration », dit-il. « Cette montagne que vous voyez là-bas, c’est le Djebel Taqarbouzt. Elle culmine à 1418 m d’altitude. La Qalaâ avait trois portes d’entrée : Bab Ledjnane, Bab Laqwas et Bab Djeraoua. Elle était entourée de remparts et elle comprenait quatre palais dont il reste aujourd’hui quelques vestiges », nous explique-t-il.

L’ombre d’Abu Yazid
Assis à l’ombre de la tour, nous écoutons Ammi Amar nous parler longuement de la naissance du royaume, de la guerre entre Zirides et Hammadites, du révolté Kharidjite Abou Yazid, l’homme à l’âne, qui est mort en 935, cerné au sommet du Taqarbouzt, du sultan Ennacer qui a construit le palais du Manar pour la princesse Bellara dont il était tombé amoureux fou, et puis des huit émirs qui se sont succédé à la Qalaâ depuis sa fondation par Hammad Ben Ziri. Il s’agit, dans l’ordre, d’ El Qaïd, de Mohcene Ben El Qaïd de Bologhine, de Nacer Ben Alennas, le fondateur de Béjaïa, de Mansour le fondateur de Mansoura à Tlemcen, de Badis Ben Mansour, d’El Aziz Ben Mansour, puis de Yahia, le dernier prince hammadide qui a quitté la Qalaâ en 1152 après la défaite contre les Almohades. A écouter ce vieil homme assis dans la poussière, l’histoire, tout à coup, prend un sens. Elle devient palpable. Il vous parle de guerre entre Berbères Zenata et montagnards Sanhadja, comme s’il s’agissait de la rivalité qui oppose les Chnawa du MCA aux supporters de l’USMA. On n’a même pas besoin de fermer les yeux pour voir ces décombres froids de la Qalaâ s’animer, reprendre corps.
Cette ville grouillante, peuplée d’artisans remarquables, de poètes, d’architectes, de paysans et de savants, revient à la vie l’espace d’un instant fugitif. A notre grand regret, notre guide est obligé de nous quitter pour rassembler ses brebis, qui ont profité de la leçon d’histoire pour s’éparpiller à travers champs.
Notre visite se poursuit plus à l’Est où subsistent d’importants vestiges du Palais du Manar construit au dessus des gorges de Oued Fredj, à même la falaise. Devant l’état de total abandon dans lequel se trouvent ses murs antiques, qui ont traversé les siècles, on est pris d’un profond malaise. Les pans de mur qui s’effondrent et les brèches qui se créent n’ont jamais été restaurés. L’état de ruine des vestiges rend la visite très dangereuse. Il n’y a, apparemment, dans tout le Maghreb, que l’Algérie pour s’offrir le luxe de cracher sur un site classé patrimoine mondial par l’Unesco dès 1980, pour le laisser à la merci des prédateurs et des vandales. Cet abandon de la Qalaâ des Beni Hammad est révoltant. Partout, des traces de construction et des vestiges là où l’œil se pose. Les fouilles ont été apparemment délaissées depuis De Beilié, l’archéologue français à qui on doit l’essentiel des connaissances sur la Qalaâ.
Nous n’avons pas le temps de faire le tour du site. Il nous faut quitter la fournaise du Hodna, avant l’heure fatidique où le soleil assomme même les chameaux, en faisant la promesse de revenir un jour faire plus ample connaissance avec ce haut lieu de l’histoire. Ne pouvant faire comme les Hammadites qui, probablement, empruntaient des sentiers de muletiers en allant droit vers le nord, on se résout sagement à reprendre l’asphalte vers M’sila. Thamsilt, comme disent encore les Kabyles de l’ancienne génération.

De la montagne vers la plaine
Sur la route de Hammam Dhalaâ, beaucoup de semi-remorques immatriculés 06. Rien d’étonnant quand on sait que cette route est celle du ciment. Des allers et venues qui rappellent les caravanes qui faisaient ce même chemin, il y a dix siècles. Les matériaux de construction ont toujours été un problème épineux. Dans sa fuite vers les rivages sécurisants de la Kabylie, l’émir Ennacer avait obligé chaque famille émigrée à transporter au moins une pierre à chaque voyage, sous peine d’amende. Après la ville d’El Mhir, il y a le fameux passage des Portes de Fer. Un détroit stratégique qui assure, depuis la nuit des temps, le passage de l’Est vers l’Ouest, de la montagne vers la plaine. Les Romains l’ont toujours contourné, préférant passer par Auzia (Sour El Ghozlane) et éviter ainsi les guet-apens et embuscades des tribus de la région. Les Portes de Fer ou Détroit des Bibans s’appelle en réalité Taggurt, (la porte), pluriel : Tiggura. Il y a deux portes : Tammezyant, la petite et Tameqrant, la grande. L’appellation actuelle, que les Français ont reprise, vient de l’arabe Bab et Bibans. Pour le fer, certains disent que c’est à cause des mines de fer qu’il y avait dans ces montagnes. D’autres avancent l’idée que ce sont les Turcs qui ont donné ce nom à ce passage où ils ont toujours été obligés de baisser leurs armes et de payer un péage aux Ath Abbès qui en assuraient la garde. Nous franchissons ce fameux passage juste pour la forme puis nous revenons sur nos pas pour prendre par Bouqtone ; nous franchissons l’oued du même nom. Cette route mène jusqu’au plateau de Boni en passant par Ath Rached et Ferracha. Selon les anciens de la région, c’est cette route qui a toujours été empruntée pour aboutir à la Qalaâ des Beni Abbès.
La Qalaâ des Beni Abbès a été bâtie sur le modèle de celle des Beni Hammad. Position stratégique, accès difficile, portes gardées et muraille tout autour. Même le nom du plus haut sommet, Taqarbouzt, a été copié sur l’original et importé. Au départ, c’est un Fort hammadite lié à la Qalaâ des Beni Hammad qui avait pour mission de garder le fameux passage des Bibans, ainsi que la vallée de la Soummam. Pendant des siècles, des troupes stationnées à la Qalaâ se sont relayées pour assurer le passage des Bibans, jusqu’à ce que le khalifa Mokrani, dont le fils M’hamed allait soulever le nord de l’Algérie avec Cheikh Aheddad en 1871, ouvre définitivement ce passage aux Français en 1833. A propos de la Qalaâ, certains historiens, comme Paul Wintzer, affirment que les Hammadites ont d’abord occupé la Qalaâ des Beni Abbès qui s’appelait alors la Qalaâ de Ouanougha, avant de s’installer à Béjaïa. Ceci est très probable, d’autant plus que lorsque Béjaïa est tombée aux mains des Espagnols en 1510, les émirs hafsides de Béjaïa se sont repliés à la Qalaâ des Beni Abbès.

La halte de Si Moh U M’hand
A la Qalaâ des Beni Abbès, nous avons rendez-vous avec Mourad Mebarek, un architecte qui a fait sa thèse sur l’urbanisme particulier de cette vieille forteresse. Nous arrivons de nuit à la Qalaâ. A Tajjmaâth n’Tazaïart, Mourad est en train de discuter avec quelques amis sous la pleine lune qui donne un aspect fantasmagorique au paysage de murs effondrés de l’ancienne capitale des Ath Abbès. Au bout de deux heures de discussion à revisiter l’histoire, nous sommes invités à la maison dite « Akham Gu’Ahchaïchi ». C’est une vieille maison berbère où, mis à part l’électricité, rien n’a changé depuis plus d’un siècle.
Un véritable musée avec sa cour pavée, asqif, adaynine, taârichth, ichvouyla et même un authentique coffre berbère superbement sculpté. Cette maison, où nous reçoit très gentiment Menzou Djamel affairé à griller des sardines, a appartenu à Abderrahim Mokhtar, présumé né en 1882. Ce monsieur, dont un portrait jauni est accroché à la poutre maîtresse de la maison, avait pour ami un certain Si Moh U M’hand. Chaque fois que le célèbre barde partait vers Tunis, il s’arrêtait à Qalaâ chez son ami Ahchaïchi. On nous apprend, par ailleurs, qu’une fois, Si Mohand a séjourné plus d’une année sous ce toit. Comme quoi, l’histoire a quelques fois de ces clins d’œil. Mourad nous apprend que ce qui est particulier avec les maisons de La Qalaâ, est le fait de posséder trois portes et trois cours qui donnent les unes sur les autres. Passé le premier portail, la cour intérieure est réservée aux khammass et aux gens de passage, la deuxième porte donne sur une cour réservée aux invités et aux amis, alors qu’au-delà de la troisième et dernière porte, seuls les membres de la famille y sont admis.
Mourad vit depuis longtemps à Brême, en Allemagne. Il se définit d’abord comme Brêmois, puis comme Kabyle, ensuite comme Algérien, puis comme Allemand. Autant dire que culturellement, il a autant d’entrées que les maisons de ses aïeux. Les gens de La Qalaâ sont très hospitaliers et, en général, très instruits. Aujourd’hui, cette cité qui fut un jour prospère au point d’être comparée à Tunis, ne revit plus que pendant les vacances ou les week-ends, lorsque les familles installées dans les grandes villes du pays reviennent au bercail.
La route qui relie Bordj à la Kabylie par Ighil Ali va bientôt être reclassée route nationale.
La circulation automobile est infernale sur une RN26 encombrée par les poids-lourds. A force de s’étendre le long de la route, les agglomérations ont fini par se coller les unes aux autres. Les portions de route vierges d’habitations commencent à se faire de plus en plus rares. Pourtant la Vallée de la Soummam n’a été habitée que depuis la colonisation française et, plus précisément, après la défaite de 1871, ce qui a permis à la France de construire les premiers villages européens comme Tazmalt, Akbou, Sidi Aïch et El Kseur.

Un voyage de mille ans
Moulay Ennacer, le fondateur de Béjaïa a installé des populations sur, toutes les montagnes qui entourent son royaume, ainsi que des postes de vigie sur les points culminants. Ces vigiles communiquaient entre eux à l’aide d’un système de miroirs le jour et de feux la nuit, pour se transmettre des messages. Un système repris plus tard, par les sultans de la Qalaâ des Beni Abbès et même par El Mokrani. Beaucoup de ces villages, que l’on voit aujourd’hui sur la rive sud du Djurdjura, les flancs des Bibans et des Babors, ont été créés à l’initiative d’Ennacer et d’El Mansour. C’est l’une des raisons pour lesquelles on retrouve aujourd’hui, la majorité des villages kabyles occupant des crêtes et des sommets inexpugnables.
A l’entrée d’El Kseur, nous marquons une petite halte symbolique à Tiklat. Chaque jour, des milliers d’automobilistes passent à quelques mètres des prodigieux vestiges de cette ville occupée successivement par les Berbères puis par les Romains, ensuite par toutes les dynasties qui ont eu à régner sur la région, sans s’arrêter et sans même se douter de leur existence. Les citernes romaines, que l’on retrouve aujourd’hui sur une petite colline qui surplombe la route, ont souvent servi de forteresse pour diverses armées, y compris celle du rebelle Takfarinas, le célèbre prince berbère qui s’est soulevé contre Rome en l’an 17 après J. -C.
Ces citernes, au nombre de 15 et qui pouvaient renfermer une réserve d’eau de 15 000 m3, ont souvent changé de vocation au cours des siècles. Sur le bas côté de la route, le maquis a presque complètement recouvert les ruines de l’antique ville de Tubusuptu (Tiklat), fondée par une colonie de vétérans de la légion romaine sous le règne d’Auguste. Ce site, qui peut attirer des milliers de touristes chaque année, s’il était pris en charge et revalorisé, est, malheureusement, dans un état d’abandon total depuis des lustres.
Partis d’Ighil Ali à 7h, il nous faut un peu plus de trois heures pour rallier Béjaïa. Après Bir Slam, le puits antique où les pèlerins faisaient leurs ablutions avant de partir pour La Mecque, la ville apparaît adossée au monumental Gouraya.
Plutôt que d’achever notre périple par la Porte Sarrasine (Bab El Bahr) qui servait de porte de sortie vers la mer, nous choisissons de passer symboliquement par la vieille ville et Bab El Fouka, l’une des portes antiques de l’ancienne cité hammadite, pour boucler la boucle. C’est, paraît-il, par cette porte qu’entrait le sultan. Assis sur son trône, il faisait face à ceux qui entraient dans la ville le jour des foires, des fêtes et de l’arrivée des caravanes.
La circulation à Béjaïa, en cette fin de mois d’août, demeure difficile et les principaux carrefours de la ville connaissent des embouteillages homériques. La cité est envahie par les touristes. La plupart de ces touristes viennent justement de ces Hauts-Plateaux de Sétif, Bordj et M’sila, accomplissant un voyage qui a débuté il y a mille ans. En effet, cela fait dix siècles que Béjaïa est leur port et leur principale porte vers la mer.

Djamel Alilat

El Watan.


Le 23/07/2010 à 17:18, par Hocine
DE LA LECTURE POUR LES VACANCES

Une date jamais évoquée : 132 ans de galère ont commencé un 14 juin 1830… par une nuit sans lune !

En 1827, le consul français Deval, lors d’une énième audience officielle consacrée au règlement des créances dues par la France à l’Algérie, va provoquer le Dey Hussein. Ce dernier, après plusieurs rappels restés sans suite, s’était plaint directement à Charles X de ce que son gouvernement tardait à s’acquitter de ses dettes.


N’ayant reçu aucune réponse, le Dey en fit la remarque au consul qui lui répondit sur un ton hautain que le Roi de France ne pouvait, sans compromettre sa dignité, correspondre avec un chef de pirates et de barbares. Offensé, le Dey, en colère fit un geste malencontreux envers le consul, de la main qui tenait un éventail en plumes de paon. Prenant la mouche, M. Deval quitte Alger pour Paris. M. de Villèle, chef du gouvernement va, pour soi-disant venger une « insulte » faite à son consul, donner le signal de la guerre. Une escadre est envoyée pour y faire le blocus d’Alger sans résultat. Elle perdra l’un de ses plus grands chefs, l’amiral Collet.

En France, la Restauration était arrivée au bout du rouleau. Le ministère de Polignac fait face à une violente impopularité, et dans l’espoir de détourner l’attention publique française des affaires intérieures, il va déployer la plus grande activité pour préparer l’expédition contre Alger sous prétexte de venger l’affront reçu, de défendre la dignité nationale, l’honneur du pavillon et les intérêts du commerce français. Busnach et Bacri, banquiers de la Régence d’Alger, avaient fait, de 1793 à 1798, pour les armées françaises d’Italie et pour l’expédition d’Egypte, des approvisionnements pour un montant évalué en 1816 à 14 milliards de francs, réduit par la convention du 28 octobre 1819 à 7 milliards… et jamais honoré. Le montant des anciennes dettes commerciales et financières françaises envers l’Algérie s’élèverait sans les intérêts, en 1975, à 350 milliards de francs (1).

Napoléon Bonaparte avait déjà pensé monter une expédition contre Alger. Le 18 avril 1808, il écrivait de Bayonne à son ministre de la Marine : « Monsieur Decrès, méditez l’expédition d’Alger ». C’est ainsi que Vincent Yves Boutin, chef de bataillon du génie « homme de tact et de talent, un peu officier de marine, un peu ingénieur de terre », surtout espion, allait, du 9 mai au 18 septembre 1808, se rendre en civil en Algérie et établir un rapport de trente-neuf pages avec treize dessins dans lequel il concluait de façon formelle que c’était à Sidi Ferruch que devrait avoir lieu le débarquement du corps expéditionnaire.

Saisissant le prétexte du « coup d’éventail », le duc de Clermont Tonnerre, ministre de la Guerre de Charles X, va exhumer le rapport Boutin et les préparatifs de l’expédition vont durer trois ans ! Le 27 avril 1830 arrive à Toulon le général de Bourmont à qui fut confié le commandement de l’expédition. Il assiste à plusieurs répétitions de débarquement et le 18 mai, la veille de l’embarquement, il adresse à l’armée son premier ordre du jour « …la cause de la France est celle de l’Humanité ».

En fait, le véritable but de l’expédition, ordonnée par Charles X et camouflé sous le fallacieux prétexte de « préserver à jamais l’Europe du triple fléau de l’esclavage des chrétiens, de la piraterie et le l’exigence pécuniaire des deys », était de permettre à la France de ne pas payer ses dettes et de faire main basse sur le trésor d’Alger… et sur l’Algérie. La flotte française n’appareillera que le 25 mai de Toulon et les 26 et 27 mai des îles d’Hyère pour rallier d’abord Palma, ensuite Sidi Ferruch. Cette flotte comprenait 11 vaisseaux, 24 frégates, 14 corvettes, 25 bricks, 9 galabres, 8 bombardes, 4 goëlettes, 7 bateaux à vapeur… en tout 100 bâtiments de guerre et 357 transports dont 238 étrangers pour 37 573 hommes, 112 canons, 5 000 000 de cartouches, 556 voitures d’artillerie, d’affûts et même une imprimerie qui servira à imprimer le 25 juin 1830 le premier journal colonial, L’Estafette d’Alger.

Le 13 juin, jour de la fête Dieu, l’armada française mouille dans la baie de Sidi Ferruch. Le 14 juin 1830 à 3 h du matin par une nuit sans lune, le général Berthezène débarque ses troupes. Personne en face pour les accueillir. Ce qui fit dire à ce général : « L’ignorance et l’incurie de l’ennemi nous servirent au-delà de toute espérance… deux ou trois mille bons tireurs, appuyés de quelques pièces nous eût fait éprouver des pertes considérables … qui peut dire alors ce que serait devenue l’expédition ? »

A sept heures du soir, trente-deux mille envahisseurs foulent le sol algérien. Le commandement des troupes algériennes avait été confié par le Dey Hussein à l’un de ses proches, l’Agha Ibrahim qui s’avéra d’une incompétence totale et qui, d’ailleurs, désertera le champ de bataille. La résistance va plus ou moins s’organiser et les combats vont opposer les deux armées le 19 juin à Staouéli, le 24 à Sidi Khalef et le 28 à Sidi Abderrahmane Bou Naga. Harcelées, les troupes françaises mieux équipées mettront 21 jours pour parvenir au fort Sultan Khalassi au fort de l’Empereur, en référence à Charles Quint qui avait conduit l’expédition de 1541 qui tourna au désastre.

Le 4 juillet, dès quatre heures du matin, toutes les batteries françaises terrestres et maritimes déverseront un déluge de boulets et d’obus sur les forts l’Empereur, Bab Azzoun et La Casbah. Craignant plus pour sa personne, les siens et ses biens, le Dey Hussein va capituler. Les conditions de la reddition seront négociées par Hassen Ben Othmane Khodja et Ahmed Bouderbah qui avait longtemps vécu à Marseille et qui présidera le premier conseil municipal d’Alger. La convention entre le général en chef de l’armée française et s. a. le Dey d’Alger stipulait que :

1)- Le fort de La Casbah, tous les autres forts qui dépendent d’Alger, et les portes de la ville seront remis aux troupes françaises ce matin à dix heures.

2)- Le général de l’armée française s’engage envers s. a. le Dey d’Alger à lui laisser la libre possession de toutes ses richesses personnelles.

3)- Le Dey sera libre de se retirer avec sa famille et ses richesses, dans le lieu qu’il fixera et tant qu’il restera à Alger, il sera lui et toute sa famille sous la protection du général en chef de l’armée française ; une garde garantira la sûreté de sa personne et celle de sa famille.

4)- Le général en chef assure à tous les membres de la milice les mêmes avantages et la même protection.

5)- L’exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté de toutes les classes d’habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce et leur industrie ne recevront aucune atteinte ; leurs femmes seront respectées ; le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur.

6)- L’échange de cette convention sera fait avant dix heures du matin, et les troupes françaises entreront aussitôt après dans La Casbah et s’établiront dans les forts de la ville et de la Marine. Lorsque la nouvelle de la prise d’Alger parviendra à Charles X, ce dernier se rendra à la cathédrale de Notre Dame à Paris pour « remercier Dieu et lui rendre grâce de la grande victoire remportée par la Chrétienté sur l’Islam ».

Cette convention ne sera jamais respectée par les Français, elle sera bafouée avant l’entrée de de Bourmont dans Alger le 5 juillet 1830 après 12 heures. Plusieurs officiers et leurs hommes entrèrent avant 10 heures dans Alger par Bab Djedid (Porte Neuve) et Bab Bhar (Porte de la Marine). Un pillage et une mise à sac d’Alger vont s’en suivre. E. Pelissier de Reynaud rapportera que : « Jamais peut-être une occupation ne s’est faite avec autant de désordre administratif que celle d’Alger même dans les siècles les plus barbares. Les hordes du Nord qui s’arrachèrent les débris de l’Empire romain se conduisirent avec plus de sagesse et de raison... ce qui était d’autant plus choquant que la ville d’Alger était peut-être le point du globe où la police était le mieux faite. Les vols naguère presque inconnus se multiplièrent dans des proportions effrayantes et les indigènes en furent encore plus souvent les victimes. Le général Loverdo... a tellement pillé que six mulets ont été chargés de ses vols » (lettre d’Aubry de Bailleul au journaliste Augustin Jal).

Le général de Bourmont, entré après 12 heures, se préoccupera davantage du trésor de la Régence. Une commission de trois membres, formée de l’intendant en chef Denniée, du payeur général Firino et du chef d’état-major, commandant la place d’Alger, le général Tholozé, était chargée de faire l’inventaire du trésor. « Les portes de l’hôtel des Monnaies qu’on ne songera à occuper qu’au bout de deux ou trois jours se trouvèrent enfoncées ; toutes les valeurs avait été enlevées... » Ce qui restait du trésor fut pesé et non compté. Le poids d’un million en or équivalait à 666 livres et le poids d’un million en argent à 10 000 livres, l’inventaire des fonds aurait été estimé à 47 millions de francs (180 millions selon le capitaine de frégate Matterer), indépendamment de la prise de 1500 canons, de 12 bâtiments navals, d’immeubles considérables et de la mise à sac de la ville jamais évaluée.

Quant à l’expédition, elle avait été estimée à 25 millions de francs ! Le trésor fut chargé sur 5 navires : l’or sur le Marengo et le Duquesne, l’argent sur le Scipion, le Nestor et la Vénus. L’officier-interprète t. i. Urbain, dans son Histoire de l’Algérie écrira que : « Les édifices publics, les riches villas des environs d’Alger furent saccagés par les soldats qui détruisaient pour le plaisir de détruire.... sans que les chefs opposent la moindre résistance à ce vandalisme ». L’intendant Raynal évoquant les Algérois, « ces prétendus barbares », rapporte un fait qui lui paraît décisif en faveur de l’opinion qu’il a conscience de la civilisation des Maures. « Il existe, écrit-il, à Alger un grand nombre d’écoles où l’on suit un mode d’instruction fort analogue à notre enseignement mutuel. Elles sont fréquentées par tous les enfants maures ou koulouglis, et je ne crois pas trop m’avancer en affirmant que l’instruction est plus répandue dans cet ancien repaire de pirates que dans beaucoup de villes de France. » Alger comptait à la veille de l’occupation française plus de trente mille habitants.

En juin 1731, le philosophe géodésien et naturaliste La Condamine écrit qu’« Alger est une ville fort peuplée, les rues y fourmillent de monde... Il y a à Alger des lieux de commodités, et on ne jette pas comme à Toulon les ordures dans les rues... » A propos de la sécurité, il ajoute : « On m’avait assuré que mes instruments n’y couraient aucun risque et qu’il était inouï qu’on y volât dans les maisons... Effectivement, toutes mes affaires sont restées à la discrétion des voisins et on n’a touché à rien. La promptitude, la sévérité et le peu de formalité de la justice procurent cette sécurité. »Une question nous taraude aujourd’hui l’esprit : l’Algérie est-elle en droit de réclamer à la France le remboursement de ses dettes d’avant 1830 et la restitution du trésor d’Alger ?

Y. F. : Fondateur d’Algérie Actualité, Auteur de Doulce France, ed. Dahlab
Note de renvoi :

1) Dufour, France-pays arabes. Avril 1975.

Par Youcef Ferhi

 

Commentaires

 
Le 27/05/2008 à 22:13, par hocine bensebane
Bienvenue dans mon village il suffit de suivre le guide, pour decouvrir un paysage , une culture, la chaleur humaine et le bon gout du terroir.


Le 30/10/2008 à 18:31, par hocine
bonjour a tous c est rania nait hamoud de creteil je suie tres fier de vous tous et que dieu vous protege et vous donne laforce daller le plus loin possible dans cette tres belle initiative j aie un peu pleuree dejoie de revoire notre village et toutes c est richesse atoi mon cousin kamel et toi rania deradji j espere que vous aller tous bien et jes pere avoire de vos nouvelles pro chainement gros bisous dela part de mets enfants et petiits enfants abintot in challah et toi hocine fait un gros bisous a ta soeur houria de ma part et pour un donc me telef au 01 43 77 74 45 MERCI

 

Le 29/05/2008 à 14:15, par hocine
Le logo du village vous plais t'il ??? (Tasoualt tébércécéne) faites une proposition !!!

Le 04/06/2008 à 21:27, par gilles
merci hocine de nous faire découvrir ton village .
pour ton logo on ressent l odeur des fruits de ta région et la bonté des habitants de tazla .
continue a les aider au développement cette belle région .
soit fort ,un village est derrière toi
et j invite tout le monde a te soutenir dans ton projet gilles leclercq

Le 05/06/2008 à 14:47, par hocine
Bonjour Gilles, si un jour tu passes par Tazla les portes te seront ouvertes , nous avons un paysage magnifique une jeunesse dynamique et travailleuse et amoureux de leurs terre et je ne parle pas de la nourriture.
Merci pour tes encouragements
Hocine

Le 11/01/2009 à 10:46, par rania nait z
bonjour rania et houria chere cousines je vous souhaites a vous et a toutes votres familleune bonne et heureuse annee 09 etsur tout une bonne sante quand a toi hocine la meme chose bien sur et aussi a toi cher cousin abdelouhaibe de zrala bonjour a ta femme et tes enfants et a mon oncle mhamed zouina et tout les nait hamoud une bonne heureuse annee atous bisous salut et courage atous et que dieu nous proteges tous inchalla abientot de se voire etpourqoua pas a tazla tcho aplus rania .
Par tazla-en-kabylie - Publié dans : Tazla le village 2008
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 21:48
Par Hocine :: 08/10/2010 à 10:06

Ath Abbas - Le royaume oublié

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Kalaâ, l’éternelle citadelle de la résistance

 

Par : Djamel Alilat

 

Lorsque nous arrivons, enfin, à la Kalaâ des Ath Abbas en ce vendredi 5 mars de l’an de grâce 2004, elle est encore partiellement sous la neige. La route qui y mène, construite il y a longtemps par le génie militaire français, vient tout juste d’être dégagée. D’ailleurs, à chaque intempérie, il faut la déblayer à cause des éboulements fréquents. C’est une route toute en lacets avec au-dessus de nos têtes la montagne et au-dessous de nos pieds un précipice vertigineux vers lequel on évite de regarder.

 

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L’Histoire nous fait un clin d’œil dès l’entrée du village, car cette entrée est un ancien poste de garde avec une vieille guérite ou alors un mqam aux tuiles rouges et qui se trouve à l’ombre d’un gigantesque pin millénaire au tronc plus qu’imposant. Ce pin a probablement vu arriver les fondateurs de la citadelle tant il est vieux. à côté, un bout de la muraille médiévale qui ceinturait toute la forteresse est encore debout comme pour narguer le temps.

 

De tous les villages kabyles, on peut dire sans risque de se tromper que la Kalaâ des Ath Abbas est la plus chargée d’histoire. Cette citadelle inexpugnable, qui est déjà une forteresse naturelle en ce sens qu’elle est édifiée sur un plateau rocheux cerné de falaises abruptes, a été fondée vers 1510 par l’émir Abderrahmane et son fils El-Abbès après la prise de Bougie par les Espagnols. Au fil des années et des siècles, elle est devenue un bastion de la résistance à l’envahisseur espagnol, turc et français. Entre une guerre et un siège, une attaque et une invasion, la Kalaâ et, par-delà, toute la confédération des Ath Abbas qui regroupe actuellement les communes d’Ighil Ali, Aït Rzine et Boujellil, a rayonné sur tout le nord du pays. Elle a exporté et ses produits et ses artisans aux quatre coins de l’Algérie actuelle.

 

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Depuis la guerre de Libération, Kalaâ est un village fantôme et notre visite ne pouvait commencer que par la grande mosquée du village qui semble en ce jour de prières abriter quelques âmes. Cheïkh El-Mokrani, leader de l’insurrection de 1871 y est enterré. Ce lieu de culte a été entièrement rénové. Seul le mihrab avec ses roues en bois a connu le cheïkh. Avec son frère Boumezrag et le non moins prestigieux cheïkh Aheddadh de Seddouk, il a combattu les Français avant de mourir le 6 mai 1871 dans les environs de Bouira d’une balle qui lui a traversé le cou alors que du haut d’une colline il supervisait une bataille.

 

Non loin de la mosquée, des maisons en ruine. Certains disent qu’elles appartenaient aux Mokranis, d’autres qu’elles servaient de mess aux officiers du bachagha. à quelques pas de là, Mourad, notre guide pour la circonstance, soulève un bout de tôle rouillée qui donne à voir l’entrée d’un tunnel bien construit, mais noyé sous l’eau. C’est la poudrière d’El-Mokrani. Quand il n’est pas sous les eaux de la fonte des neiges ou de la pluie comme maintenant, le tunnel donne sur une maison souterraine où l’on fabriquait de la poudre et des munitions. Comme tous les autres vestiges, cet endroit va tomber en ruine dans quelques années sans que quiconque s’en soucie. Abderahmane, un ami qui nous accompagne, fulmine : “C’est vraiment à se cogner la tête contre les murs ou à s’arracher les cheveux. Depuis l’indépendance à ce jour, personne ne s’est soucié de préserver ce village historique, ce trésor de la mémoire collective !”

 

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C’est la dernière révolution, celle de 1954, qui a porté un coup fatal à Kalaâ. Haut lieu de la résistance, le village a été bombardé lors de l’opération dite “Pierres précieuses” — appréciez l’ironie— et décrété zone interdite par les autorités coloniales. D’Ighil Ali, une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, on envoyait des obus de mortier à la moindre lueur de bougie et au moindre mouvement suspect repérés à Kalaâ.

 

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Du temps de sa splendeur jusqu’à l’occupation française, la citadelle a compté, à certaines époques, jusqu’à 8 000 habitants. En fait, une véritable puissance militaire et économique. Aujourd’hui, la plupart des maisons sont éventrées, mais elles laissent voir de splendides formes architecturales et de vieilles portes massives dont certaines sont sculptées. Les fameuses portes des Ath Avla ou de Tabouaânant. “Encore des pièces de musée qui pourrissent sur pied !”, laisse échapper Abderrahmane avec dépit. à l’époque des sultans et des Amokrane des Ath Abbas, une grande muraille ceinturait toute la forteresse. Elle comportait six portes principales toutes gardées et des rampes de lancement pour les canons. “Ce sont les Aït Lahcen qui ont fabriqué ces canons, nous dit Abdelmalek, un prof de lycée membre de l’association El-Mokrani qui s’est joint à nous, ce sont des Autrichiens d’origine, probablement des prisonniers de guerre, mais ils se sont intégrés à la culture locale et ont apporté leur savoir-faire. Ceci dit, les juifs aussi ont contribué à l’essor de la Kalaâ, car il existait une communauté juive qui vivait sous l’anaïa —la protection— des Ath Abbas”. Lorsque nous demandons à voir ces fameux canons, on nous répond qu’ils se trouvent, aujourd’hui, à Constantine, dans le jardin épigraphique et leur signe distinctif est qu’ils portent des inscriptions en arabe avec une fleur de lys ornée d’une couronne royale. Nous déambulons dans les ruelles étroites et couvertes de neige par endroits sans rencontrer âme qui vive. Cette maison appartient à la famille de Ali Haroun, nous apprend notre guide. Celle-ci à tel général bien connu, celle-là à tel autre non moins fameux. Beaucoup des enfants de Kalaâ ont exercé de hautes responsabilités ou l’exercent encore. “Ici, nous dit Djamel, un professeur d’histoire à l’université qui nous a rejoint, il y avait les mares de Ouled Aïssa. Sept bassins naturels creusés à même la roche et qui servaient à recueillir les eaux pluviales.” Quand il parle de l’histoire de son village, Djamel est intarissable. Avec bienveillance, il nous emmène chez lui pour nous faire admirer une porte sculptée. L’une des plus belles qu’il nous a été donné de voir. “Ces dessins que vous voyez sont des motifs juifs mauresques”, nous explique-t-il à propos des sculptures qui ornent les deux battants de l’immense porte. Ce passionné d’histoire est le seul à posséder encore un bout de la côte de maille que portaient les rois de Kalaâ quand ils partaient en guerre. Comme celle que revêtait le sultan Abdelaziz quand il fut tué en juin 1510. Ces armures ont malheureusement toutes disparu à cause d’une superstition qui leur conférait le pouvoir de donner des enfants aux femmes stériles qui en arrachaient un petit lambeau.

 

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Nous passons à côté de l’une des plus anciennes mosquées de Kalaâ, celle de Sidi Ahmed Oussanoun, sans pouvoir y pénétrer. “Elles est complètement en ruine, mais nous pouvons apercevoir une sorte de catafalque en bois sculpté et orné d’étranges motifs. Ce sont les mêmes motifs que l’on retrouve sur certaines portes. à l’origine, c’était une peinture noire et rouge faite avec des éléments naturels”, nous explique Abdelmalek. “Et vous laissez pourrir une telle pièce de musée ?”, s’étonne Abderrahmane.

 

 

Djamel, sur sa lancée, nous apprend que les Ath Abbas font partie des berbères sedouikches (?). D’après lui, les Normands leur ont appris la technique des moulins à vent et les Vikings l’art de construire des bateaux. La galère, ce petit bateau qui écumait la Méditerranée, aurait été copié du drakkar. Le roi des Ath Abbas avait des vigies partout. Les postes de vigie (chouaffa) allaient de l’Atlas blidéen jusqu’à Takerbouzt, de Gouraya jusqu’à Tazmalt et de l’Atlas saharien jusqu’à Medjana. Des feux servaient de colline en colline à communiquer et à donner l’alerte en cas de mouvements de troupes hostiles.

 

 Il avait ses cavaliers dans les Hauts-Plateaux et deux corps stationnaires de l’armée régulière étaient basés à Tazla et à Tala-Mzida. Belaguel, Vounda, Tazla et bien d’autres lieux-dits étaient des postes avancés du royaume. à propos de Vounda que nous pouvons apercevoir au loin, nos hôtes nous apprennent que c’est le village d’origine des Boukharouba dont le plus connu s’appelle Houari Boumediene. Leur ancêtre a émigré de Vounda à Guelma. “Vous voyez ? Là bas, c’est Tala-Mzida. Vers 1520 Pedro de Navarro est arrivé avec ses fantassins jusque ici”, nous dit Abdelmalek.

 

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Sid Ahmed Ghozali est également arrivé jusqu’à Kalaâ accompagnés de plusieurs officiels dont Ali Haroun, mais lui, contrairement au général espagnol, n’avait pas d’intentions belliqueuses, en ce sens qu’il n’est pas venu pour assiéger la citadelle. Il est venu pour admirer le village et le paysage, faire quelques promesses d’aide et il est parti pour ne plus revenir comme tous les officiels qui débarquent ici pour faire rejaillir le prestige historique de la Kalaâ sur leurs augustes personnes. Passées ces visites de commémoration, Kalaâ replonge dans l’oubli et l’anonymat, dormant sous une épaisse couche de neige, de poussière ou d’indifférence.

 

Abderrahmane s’insurge : “Si Cheïkh El-Mokrani avait été arabe comme Bouaâmama ou Abdelkader, il aurait sûrement bénéficié de budgets conséquents pour l’entretien de sa mémoire à travers films, livres et musées. Et encore, il n’y a pas que lui à Kalaâ. El-Mokrani n’est, finalement, que le dernier maillon d’une prestigieuse lignée de sultans, d’émirs et de chefs qui ont aidé à forger la conscience nationale à travers leur résistance aux envahisseurs”.

 

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Pendant quatre siècles et demi, la citadelle a compté par moments plusieurs milliers d’habitants sans prendre en compte tous les villages qui l’entourent et qui constituent la confédération des Ath Abbas. Ils avaient une armée régulière et des paysans guerriers qui prenaient les armes en cas de guerre ou d’attaque. Il y avait aussi une armée d’artisans forts habiles. On y fabriquait des vêtements, surtout des tapis et des burnous faits avec de la laine, des bijoux, des armes, de la poudre, des tuiles pour les maisons, des boiseries, des selles pour les chevaux, du cuir tanné, du savon et beaucoup d’autres produits. “à titre d’exemple, c’est d’ici que les Ath Yenni ont pris l’art de la bijouterie faite à base d’argent”, précise Djamel.

 

Nous poursuivons notre pèlerinage pour aboutir à Tajmaâth Nettzayart où quelques enfants jouent avec de la neige. Ils sont venus avec leurs parents pour le week-end et parlent en arabe. Ici, l’histoire vous interpelle à chaque coin de rue. “Là, nous dit Abdelmalek, C’est la maison du caïd Izem. Il y avait le téléphone du temps où cela n’existait peut-être même pas à Alger”. “Nous pénétrons dans une autre maison abandonnée, mais qui a dû être prestigieuse au vu de ce qui en reste. Akham El-Valar était la demeure d’un caïd qui a pris la fuite. Le colonel Amirouche en a fait son PC. Le PC proprement dit est dans une pièce qui donne sur un ravin vertigineux. En cas d’alerte, on pouvait s’y échapper facilement. De là, nous nous rendons à Chaffa. Un promontoire rocheux situé à l’extrémité du village et qui domine toute la vallée au-dessous de Kalaâ. à nos pieds, des falaises abruptes de près 500 mètres où la vue vous coupe littéralement le souffle. Elle embrasse tout le versant sud du Djurdjura, une grande partie de la vallée de la Soummam, le massif des Bibans jusqu’à Kherrata et vers l’ouest jusqu’à l’entrée de Bouira. Assurément, l’altitude de Kalaâ, qui est de1100 mètres, permet une vue auquelle seuls les aigles sont familiers”. “Vous voyez cette petite maison en bas, nous dit Abdelmalek, c’était la synagogue juive. On l’appelle encore, aujourd’hui, El-djamaâ Touzzaguine”.

 

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Bouguermouh, le cinéaste, est venu ici pour tourner son fameux film La Colline Oubliée d’après l’œuvre de Mouloud Mammeri. Le village de Kalaâ est encore l’un des rares villages kabyles à sauvegarder une architecture typiquement berbère, mais il a dû renoncer, gêné qu’il était, par les hideux poteaux électriques qui hérissent le village et déforment le paysage. Il s’est contenté d’emprunter quelques portes anciennes pour les besoins de son film.

 

Une seule journée ne suffit assurément pas pour faire connaissance avec la Kalaâ, l’ancien royaume des Ath Abbas, que nous quittons avec regrets, mais avec la ferme promesse d’y revenir. C’est un village qui a beaucoup donné sans rien recevoir en retour. Aujourd’hui, ses enfants se trouvent éparpillés dans les 48 wilayas du pays et ailleurs dans le vaste monde. Une forte colonie se trouve toujours en Nouvelle-Calédonie lorsque la France a déporté Boumezrag et tous ses lieutenants après l’insurrection de 1871.

 

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Avec ses siècles de résistance et son mode d’organisation, la Kalaâ, qu’on ne s’y trompe pas, a constitué les premiers germes qui ont enfanté l’Algérie en tant que nation. Elle comporte encore une grande partie de l’âme kabyle qui tend à disparaître chaque jour un peu plus. à ce titre, elle doit être restaurée, préservée et classée patrimoine historique national. Elle le mérite bien, car elle a tant donné à l’Algérie alors que l’Algérie ne lui a encore rien donné en retour.

 

Commentaires:

 

Le 08/10/2010 à 10:22, par Hocine

Bonjour à tous,

Si toutefois vous êtes intéressés par la grande histoire de notre région n'hésitez pas à me contacter j'ai quelques ouvrages anciens et documentations sur le sujet nous pourrions échanger et en débattre
Bien à vous
Hocine


Le 14/10/2010 à 15:08, par une amie qui vous veux du bien

c'est toujours un plaisir de lire tes articles Hocine !
cela deviens vraiment passionnant.
On voit vraiment que tu fais beaucoup de recherches .

J'attend avec impatiente la publication de tes propres recherches!

Ah l'histoire des berberes (kabyles) et de toute l'algerie !

je crois vraiment qu'on a besoin de faire un retour sur le passé et de se ressourcer en
se rappelant les valeurs de nos ancetres, de nos grand-parents et parents, aujourd'hui disparu pour la pluspart.

est ce que nous leur faisons honneur au jourd'hui ?

et sont elles donc passées nos valeurs tradionnelles d'hospitalité, de solidarité, de famille, etc...???

aujourd'hui c'est chacun pour soi
et "dieux pour moi"
mais au final, a qui rendra- t- on des comptes ?
a un dieu, un seul
et à mon humble avis, on ne pourra pas le tromper sur ce que nous sommes reellement

En tous cas, un peu de meditation ne peu pas faire de mal, bien au contraire!

Je t'embrasse affectueusement

ton amie sincère.


Le 12/04/2011 à 1:28, par ines

coucou tonton!!!!

mon ressenti en regardant les photos!

Respectons la mémoire de nos Ancêtres et remercions les du précieux cadeau qui nous ont fait "Notre village de TAZLA.


Le 12/04/2011 à 14:16, par Hocine

Bonjour Ines,
Merci pour ta visite, tes paroles sont sage
Profite bien de la vie
Je t'embrasse
Tonton Hocine


Le 07/05/2011 à 15:50, par abderrezak

je tiens d'abord a vous féliciter sur ce site! voila je suis originaire d'un village qui est tres proche de Tazla, c'est ilougane, je voudrai bien avoir des renseignements ou des archive concernant l'origine et l'histoire du village d'ilougane, surtout de hocine
merci


Le 11/05/2011 à 17:57, par Hocine

Bonjour Adederrezak,

Merci pour ta visite sur notre site.
Il est bien entendu que je connais Ilougane, c’est un charmant village haut perché avec de jolies maisons en cascade et de beaux jardins, les habitants parlent Arabes et Kabyle

Nous avions une jolie école commune qui malheureusement à perdu de sa superbe, je me souviens de sa construction, c'était pour l’époque un début de modernisme, le temps et les évènements en ont, malheureusement fait une ruine, combien de fois je me suis dit voilà un bel endroit pour faire un hôtel, ou une maison des jeunes une fois la sécurité revenue.

Ton village et le mien ce dépeuple, l'été dernier ils ont failli partir en fumée avec ce grand incendie, « volontaire ou involontaire » ??? c'est déplorable mais c'est comme ça,

Quant à l’histoire de ton village, j’avoue ne pas savoir grand chose si ce n’est que ce que l’on m’a raconte et quelque bride lu de la région, « ci et la »

Vous seriez venu vous installer au 19 éme siècle, la France venait de perdre l’Alsace et la Lorraine, elle avait besoin de terre pour loger ses futurs colons et coloniser d’avantage les terres Kabyles, elle y installa les Alsaciens et lorrains dans des petites fermes depuis Sétif, Bordj, toute la plaine de la Medjana et même à Boni ou elle avait installé un poste militaire,

Les petits paysans Algériens étaient pour la plupart des pasteurs, ils allaient la ou il y avait des pâturages pour le bétail, à force d’en être chassés ils seraient venu s’installer à Ilougane avec l’autorisation et sous la protection du Bachaga El Mokrani, qui était le chef de toute la région.

Au 16 éme siècle, depuis Guella à Boussaâda, le domaine appartenait aux Ath Abbas tous les villages de notre vallée, exportaient fruits, légumes, burnous, portes, coffre et bijoux, la réputation des paysans et de ces artisans n’était plus à faire, nos villages étaient réputer pour leurs eaux, ils ce disaient que c’etait les Jardins du Sultan
En 1871 il y à eu l’insurrection, feu le Bachaga El Mokrani ‘ « descendant des Ath Abass et instigateur de cette insurrection avec feu le Cheikh Haddad » c’est fait tuer

Son tombeau est à Guella, cette année c’est le 140 anniversaire de sa mort, ou tous les ans un hommage et une cérémonie y ait rendu, n’hésite pas à passer à Guella, c’est très beau et c’est un lieu charger d’histoire, les gens sont d’une extrême gentillesse, accueillant, passionnant et surtout fervents gardien de leur histoire, d’ailleurs notre vallée leurs appartient en grande partie les champs et jardins que nous cultivons sont souvent leurs propriétés

Tu peux facilement trouver des livres retraçant l’insurrection de 1871 et par la même avoir un avis plus intéressant et plus près de la vérité que ce que je te raconte

Voila cher Ami, je te souhaite une bonne chasse au livre et espère te relire

Bien à toi

Hocine


Le 12/05/2011 à 0:28, par abderrezak

je tiens d'abord a te remercier mon cher hocine pour avoir repondu a mon post...mais je crois que ta version est un peu a revoir, d'abord parceque les gens d'ilougane ont toujours été connus comme etant des marabouts "dimravden" donc leur origines remontent surement a bcp plus loins que le 19 siecles, et ils ont leurs saint chikh comme tous les marabouts de kabylie ,c'est "sidi Ahmed saci" , mais aussi parcequ'ils avaient la maitrise du savoir religieux et linguistique "fiqh et nahw" depuis des siecles alors qu'à ces epoques reculées bcp d'autres villages ne savaient meme ce que c'est lire et ecrire, moi meme je suis tombé sur de tres anciens livres de mes ancetres et j'etais choqué par leur niveau intellectuel....je veux aussi t'informer que juste a coté du saint " sidi ahmed" est enterré un autre saint appellé "sidi al mançor"......et la est l'enigme,....une m'a été reconté depuis juste deux jours par un historien connu, il dit et....tiens toi bien....que les gens d'ilougane sont les premiers rois de qelaa des beni abbas!! la preuve ? il dit que les deux saints "sidi ahmed" et "sidi mançor" sont en realité deux rois de la quelaa ....et je viens tout juste de le verifier dans des livres d'histoire....autres preuve:ils parlent arabes....comment? parceque c'etait la langue des nobles a l'epoque ....eux qui venaient de la qelaa de beni hamad de bejaia apres fuyant l'invasion espagnol..
tu vois cher hocine j'ai fait quelques recherches depuis mon post
et je te conseille , ne te fi jamais a ce qu'on raconte "ci et la" parceque meme chez les gens d'ilougane j'ai entendu dire que tazla n'etait en realité qu'un jardin des rois de la qelaa et ses habitants n'etaient que des esclaves arabes kabylisés a travers les siecles
voila mon cher hocine et a la prochaine inchallah


Le 12/05/2011 à 20:24, par Hocine

Bonjour Abdelrrezak,

Quelle joie enfin, de rencontrer sur ce site un interlocuteur passionné par l’histoire, de notre région, cela fait un moment que j’essaye d’ouvrir le débat sur cette question mais en vin, mon but n’est pas de donner des leçons mais plutôt de m’instruire et par la même, les lecteurs de ce site , j’espère que tu accepteras de partager ton savoir et animer cette rubrique je suis moi-même novice en la matière, mais je m’y intéresse , j’ai eu la chance en Novembre dernier de visiter l’exposition à Alger « La Kalaa des Béni Abass, dont Djamel O Seddik de Guella était l’un des commissaire d’expos

Quelle chance tu as d’avoir encore des archives de tes aïeux, je n’ai pour ma part aucune trace écrite des miens et celle de Tazla ont été malheureusement brûlées en 1958 durant l’opération jumelle elle était caché dans l’ancienne Mosquée, le village à été bombardé


Pour revenir à ton village, je ne savais pas que Ilougane existait déjà, je m’en réjouis et ne demande qu’à en savoir plus,

J’avoue n’y être allé qu’une seul fois lorsque j’étais petit, comme tu le sais, il est toujours mal venu pour un étranger de ce promener dans les ruelles par contre je savais que vous étiez des marabouts,
Le terme « Pasteur ou Paysan » n’est pas péjoratif bien au contraire, un soldat, un artisan ou autres ….à cette époque pouvait et devait aussi connaître l’élevage et l’agriculture, les grands notables de l’époque et même, ceux de maintenant, sont pour la plupart de grand propriétaire terriens,

La théorie des grandes migrations de 1870 existe bien, feu mon arrière grand Père natif de Ait Khliffa et allé s’installer à Guella vers 1860, puis à Tazla vers 1920, tous les villages de montagne ainsi que Tazla et Ilougane, ont du accueillir les familles en exile comme en 1958 les habitants de Ighil Ali et Bordj, nous avait recueilli après les bombardements

Connais tu le petit hameau en ruine qui ce trouve au pied de nos deux villages, sur l’autre rive de Tassift ?? Je serais très intéressé d’en connaître l’origine, il ce dit que c’était la, le premier village du Sultan Ath Abass, et ce n’ait, que par la suite qu’un berger en allant faire paître ses chèvres découvrait un passage pour Kalaa et que le Sultan et sa suite, s’y installa et fonda ce que nous connaissons le royaume de Guella

Que sais tu aussi des ruines trouvée Boni !!!!! C’etait parait’il une ancienne voie Romaine


Je suis né à Tazla et vis en France depuis plus de 50 ans, j’ai encore beaucoup à apprendre, je me passionne pour les livres anciens qui parle de la Kabylie, j’ai une petite collection pour ma retraite, car comme tu le sais il faut prendre beaucoup de note et courir les bibliothèques, maintenant grâce à internet beaucoup de vieux livres sont disponible, je t’indique un livre intéressant à télécharger : et qui prouve l’existence de Tazla au 16 éme siècle

« NOTICES ET MÉMOIRES de la Société Archéologique de la province de Constantine
5 éme Volume de la deuxième série,
Voila ce que j’ai trouvé en page 217 :

(C’est un copier coller telle que écrit en 1872)


pour l'inlelligence de ce qui va suivre, que celte famille
resla lanlôt indépendante et en relations amicales avec
les Espagnols de Bougie, tantôt alliée et tributaire des
Turcs (1).
Nous avons déjà vu Abd-el-Aziz, l'ancêtre des Mokrani,
consacrant les premières années de son règne à fortifier
la Kalâa et à étendre son influence dans le Sud. Il nous
reste maintenant à le suivre dans ses actes et à assister
aux guerres qu'il soutint contre les Turc*. La chronique
prétend que son infanterie régulière, composée de soldais
de forlune, ne tarda pas à s'élever à dix mille hommes,
et que sa cavalerie, également très-nombreuse, divisée
en deux corps, stationnait à Tala-Mezida et à Tazla.
Sur ces deux points, où existaient de belles fontaines, il
fil exécuter d'immenses travaux de terrassement et construire
deux bordjs pour loger chevaux et cavaliers. Chacun
de ces postes militaires était commandé par un
khalifa ayant pour mission de faire de fréquentes tournées,
afin de surveiller le pays.
Les Turcs, jaloux de la puissance toujours croissante
du petit sultan de la Kalàa des Beni-Abbas et des relations
qu'il avait eues avec les Espagnols, l'invitèrent à
reconnaître leur suprématie d'une manière plus efficace
qu'il ne l'avait fait jusqu'alors. Abd-el-Aziz, confiant dans
sa force et l'inaccessibilité de ses montagnes, s'y refusa,
et ballit le corps de troupes envoyé contre lui. Dans une
seconde rencontre, ce corps fut de nouveau repoussé, ce
qui décida le pacha à traiter avec ce redoutable voisin.

(1)L'undes descendantsde cette familleest Ben-el-Kadi, noire kaïd
actuelde Batna.



Ceci pour te dire que Tazla « aussi » existait déjà au 16 éme siècle et que c’etait un village garnison avec une armée de plus de 1000 soldats et aussi paysans puisque comme tu le dis, c’etait aussi les Jardins du Sultan, quant à la version d’anciens esclaves Arabes je n’y crois Guer mais….. Je tacherais de chercher.

La prochaine fois, je t’enverrais une page d’un livre écrit par Berbrugger en 1857 qui retrace une grande bataille à Tazla contre les Turcs et qui ce termine par la mort du Sultan celui-ci aurait été décapité sur place, et sa tête exposée à Alger je l’ai aussi lu dans un autre livre écrit par Mr Mahfoud Kaddache

J’ai des livres, numérisé dans mon ordinateur et c’est avec plaisir que je les partagerais avec toi

Je te salut et espère continuer ce débat fort intéressant

Amicalement
Hocine

Le 12/05/2011 à 21:18, par Abderrezak

je te remercie cher hocine pour toutes ces precieuses information
pour ce qui du fort romain de Boni , je te le confirme , pendant les années 80 j'ai vu de mes propres yeux d'enormes colonnes du style romains dans la foret de Bouni avec des ecritures en latin, j'etait enfant pendant cette epoque , mais depuis ces ruines ont été volées
il ya meme des traces d'anciennes contructions ,si tu veux je t'envois une photo a patir de google earth indiquant l'endroit exact de ces ruines.
Cher Hocine, contrairement a ma formation tres "pointue" et technique, je suis aussi un fou d'histoire ancienne, et je ne dirai pas non si t'as des livres electronique a m'envoyer
Merci beaucoups frere hocine et a bientot


Le 13/05/2011 à 14:14, par Hocine

Bonjour Abderrezak,

Je suis comme toi passionné par l'histoire surtout celle de notre région, ne dit ons pas, il faut savoir d'ou tu viens, pour savoir ou tu vas !!

Concernant la voie Romaine de Boni, voila une piste sur laquelle nous devons aussi nous intéresser (je suis preneur pour que tu m’envoie l’emplacement Google Earth)

Que sais tu du petit village en ruine en contrebat de notre vallée
Etant trop loin de Tazla je ne peux malheureusement pas me renseigner et puis j’ai aussi mon travail qui me prend beaucoup de temps et d’énergie c’est pourqu’oi je compte sur la retraite pour me consacrer à ces sujets (entre autre)

Pour que je t’envoie quelques livres électronique donne moi ton adresse mail, mais pour ce faire je dois aller voir un ami plus doué que moi, je dois t’avouer, je ne sais pas faire la manipulation sur mon ordinateur

Merci pour cette collaboration et ta contribution à l’animation du site

N’hésite surtout pas à continuer d’enrichir cette page de ton savoir

Il y à beaucoup de lecteurs (trices) au dernier compteur nous sommes plus de 100 000 visiteurs
Je reviendrais vers toi la semaine prochaine

Bien à toi
Hocine


Le 16/05/2011 à 18:03, par Hocine

Bonjour Abderresak

Ma tante Ourdia originaire de Ouchanenne , mariée et vivant à Tazla depuis 1950
M’a raconter qu’effectivement ton village a toujours été vénère et honore,

Elle m'a raconter que tous Tazla partait en procession, sur le tombeau du saint M’Sisi pour prier
et faire des offrandes, aussi que l'ors des sécheresse nos deux village ce réunissait pour implorer a dieux
pluie et récolte, c'est aussi dans ton village que les gens venaient ce faire soigner pour toute sorte de maux , fécondités mal être etc....

Elle a bien insiste sur le fait que vous étiez vénérer et respecté , mais pour ce qui ait l'histoire ancienne elle se rien car elle est venu en France après le bombardement de 1958, a cette époque les gens avait des préoccupations bien plus importante , et nous nous avons la chance et le loisir de nous y intéresser, c'est pourqu'oi il faut absolument , continuer a ce documenter et surtout a interroger nos anciens la mémoire se perd ,il serait dommage de rater ça j'ai beaucoup d'admiration pour Djamel O Sedek de et Djamel Alilat de el Watan qui font un travail remarquable tant sur l'histoire que sur la vie contemporaine des villages de Kabylie…


Voila une piste intéressante trouver dans un livre ancien en ce qui concerne Sidi Mansour

Peut être es ce le même ou bien un autre mais c’est à explorer c’etait avant le 16 éme siécle mais il est question de la fondation du royaume de Bougie !!!!

Je te scanne quelque page intéressante lis les et commentons les ensuites

Le khalife El-Mansour, ayant reçu des renforls, se disposa
à en finir avec l'ennemi. -On lui entendait dire :
« Tant que je n'aurai pas exterminé l'auteur de la révolte,
mon trône sera où je campe et mon empire là où je
guerroie. »
Ce fut le dernier dimanche du mois de moharrem,
l'an 336 (de J -C. 947-48), qu'il fit une pointe sur le Kiana,
et poussa sur les hauteurs des troupes qui cernèrent
Abon-Iezid. On se battit toulc la journée et les engagements
furent très-animés. La nuit venue, El-Mansour fit
allumer des feux et prit à son tour l'offensive. 11 n'y
avait.plus moyen de reculer; Abou-Iezid sortit de ses
retranchements avec ses partisans et tous se ruèrent
comme un seul homme sur l'armée du khalife. La mêlée
fut atroce; les insurgés, sauf un petit nombre, y trouvèrent
la mort. Abou-lezid reçut deux blessures, l'une au
front, l'autre à l'omoplate. Affaibli par la perte de son
sang, il glissa des bras de trois hommes qui remportaient
et tomba dans un précipice. On envoya des soldats à sa
recherche en fouillant les ra\ins. Les premiers qui le prirent,
sans savoir qui il était, s'apprêtaient à le tuer; il
se fit aussitôt reconnaître, et les gagna en leur abandonnant
son sceau, ses habits et tout l'argent" qu'il portail
sur lui. Mais, à peine sorti de leurs mains, il tomba au
milieu d'un autre détachement qui l'amena vivant au
quartier général.
El-Mansour, s'adressant au prisonnier, lui dit :
— Quel motif l'a poussé à celle guerre impie?
— J'ai voulu une chose, répondit Abou-lezid; mais
Dieu ne m'a pas secondé.
Apres ce colloque, El-Mansour lui offrit des vêlements

et ordonna qu'on lui prodiguât tous les soins qu'exigeait
sa position, tant il était désireux de le mener vivant à
Kaïrouan. Un chambellan fut préposé à sa garde. Malgré
toutes ces précautions, il mourut de ses blessures au
moment où il parlait au khalife. On prétend que c'est
une perle de sang qui occasionna sa mort. El-Mansour le
fit écoreher ; sa peau fut rembourrée de coton et les jointures
si parfaitement cousues, qu'on aurait pu prendre ce
spectre pour un homme endormi. Les chairs furent coupées
par morceaux et salées, puis envoyées avec les têtes
de ses compagnons. Ces horribles trophées furent promenés
dans les rues de Kaïrouan.
La guerre ainsi terminée, El-Mansour rentra à Msila,
puis, après avoir réglé les affaires du pays, il prit la route
de Kaïrouan.
Vers l'an 998 de notre ère, sous le règne du prince
sanhadjite, El-Mansour, arrière petit-fils de Ziri-lbn-Menad,
un nouveau missionnaire ou agent politique des
Falimiles, nommé Abou-el-Sebem, vint de l'Orient et
entra dans le pays des Ketama, où il leva des troupes et
se mit à battre monnaie. El-Mansour marcha contre les
rebelles, saccagea la ville de Mila, qui s'était déclarée en
leur faveur, cl détruisit tous les villages kelamiens qui se
trouvaient sur son passage. Ayant défailles insurgés devant
Sclif, il poursuivit Abou-el-Fehem et parvint à l'atteindre
dans une montagne où il s'était réfugié. Le prisonnier fut
conduit en présence d'El-Mansour, qui le frappa au point
de lui laisser à peine un souffle de vie. On lui fendit
ensuite le ventre pour en arracher le foie, et des esclaves
nègres dépecèrent son corps, en firent rôtir les chairs et
dévorèrent tout jusqu'aux os.

Malgré ce châtiment sévère, une seconde révolte éclata
encore l'année suivante chez les Kelama, dans les montagnes.
des Beni-Seliman, non loin de Selif. Elle avait été
suscitée par un nommé Abou-el-Ferdj, juif, à ce que l'on
rapporte, qui se donnait pour un petit-fils d'EI-Kaïm,
khalife falimitc. Les partisans qu'il trouva parmi les Ke- -
lama .succombèrent presque tous sur le champ de bataille,
et El-Mansour profila de la victoire pour accabler celte
Iribu de contributions et d'impôts. Abou-el-Feredj fut
livré par les siens, et péril dans les tortures (1).
Hammad, frère d'El-Mansour et fondateur delà dynastie
hammadile, qui acquit une si grande renommée:en Afrique,
était le chef de l'une des branches de la grande
famille sanhadjienne des Zirides.
En l'an 398 (1007 de J.-C), pendant qu'il était gouverneur
de la ville de Msila, au nom des souverains fatïmites,
il fit construire, sur le flanc de la montagne du
Kiana, par un esclave chrétien nommé Bouniache, une
ville fortifiée, que l'on appela la Kalâa des Beni-Ilammad.
Il transporta dans la Kalàa les habitants de Msila et de
llamza, villes qu'il détruisit de fond en comble, et y fil
venir aussi des Djeraoua, peuplade mélangée de juifs et
de chrétiens, habitant les montagnes de l'Aurès. Vers la
fin du quatrième siècle de l'hégire, Hammad acheva de
bâtir et de peupler sa ville, qu'il entoura de murs après
y avoir construit plusieurs mosquées, caravansérails et
autres édifices publics. La Kalâa atteignit bientôt une
haute prospérité; sa population s'accrut rapidement, et
les artisans, ainsi que les étudiants, s'y rendirent en foule

îles pays les plus éloignés et des extrémités de l'empire.
Celle affluence de voyageurs eul pour cause les grandes
ressources que la nouvelle capitale offrail à ceux qui cultivaient
les sciences, le commerce et les arts.
Le royaume hammadile comprenait la province de
Constantine et celle d'Alger, c'est-à-dire à peu près les
trois quarts de l'Algérie; il devait s'étendre depuis le
méridien de La Galle jusqu'à celui de Tenès (1). Les
papes, conservant les anciennes dénominations de l'époque
romaine, donnaient aux princes hammadites, avec
lesquels ils eurent des relations très-suivies, le litre do
roi de la Mauritanie, silifienne (2).
Le khalife fatimite ayant, voulu amoindrir la haute
position qu'avait atteinte Hammad, celui-ci méconnut son
autorité et proclama-la souveraineté des khalifes abbacides.
Celte défeclion amena une guerre sanglante et
désastreuse pour Hammad, et qui dura encore sous le
règne de son-fils.
.En l'an 453(1062-3 de J.-C.),En-Nacer, fils d'Alennas,
quatrième successeur de Hammad, son aïeul, arrivait au
pouvoir. Ce lui sous son gouvernement que la dynastie
hammadile atteignit au faîte de sa puissance. Ce monarque
éleva des bâtiments magnifiques, fonda plusieurs
. (I) Caretle,Explorationscientifiqu(eKabilie).
(2)Despiècesen or (dela valeurde dix-huitfrancs),remontantà celle
époqueet trouvéesdansles ruinesdé la Kalàa,'portentces mots*:
Surune face: II n'ya d'autreDieuqueDieu,Mahomestt sonprophète;
Sur l'autre: L'EmirsouveraindesBeni-Hammad.
En'exergue,sont plusieursmots parmi lesquelsnousn'avonspu lire
que le nom de &_SLkÀ/^ sàriliaka,les Sa'nhadjad'après l'orthographeadoptée.
Ces pièces remontentau quatrième, ouau cinquième
sièclede'l'hégire,dixièmeou onzièmede nfllreère.


grandes villes, Bougie entre autres, l'ancienne Saldoe
romaine, qu'il releva de ses ruines, et fil de nombreuses
expéditions.
Les princes liammadiles comptaient un certain nombre
d'anciennes familles chrétiennes parmi leurs sujets. Une
opinion généralement répandue, c'est que les princes
musulmans, dans un but de prosélytisme, prescrivaient
la conversion immédiate ou l'extermination des peuplades
vaincues par l'invasion arabe. Les hommes du Livre
(la Bible), les juifs et les chrétiens, ces derniers surtout,
pour lesquels les musulmans eurent toujours moins de
répulsion, n'eurent qu'à se soumettre à l'impôt. A ces
conditions, ils gardèrent leurs biens, leur culte, et leur
commerce fut longtemps encore toléré. Ce n'est qu'exceptionnellement,
et à la suite de luttes violentes, que la
force fut employée pour les contraindre à abandonner leur
croyance ou à s'expatrier.
Jusqu'au treizième siècle, plusieurs évèchés, et, entre
autres, ceux de Cartilage et d'Hippone, subsistèrent encore
; le christianisme n'élail pas éteint dans plusieurs
villes et parmi les tribus berbères.
Les princes hammadites reçurent, à une époque vraisemblablement
assez voisine de la fondation de la Kalàa,
une colonie nombreuse de chrétiens berbères parmi hes
tribus qui vinrent peupler leur capitale, et qui continuèrent
à l'habiter encore longtemps après la fondation de
Bougie, ville dans laquelle les princes hammadites établirent
plus lard le siège de leur gouvernement. La bonne
entente existant entre ces princes el le saint-siège, donnait
une entière sécurité à leurs sujets chrétiens. Il y eut
même, pendanl longtemps et jusqu'au treizième siècle

des chrétiens servant dans les armées des princes africains.
Des facilités leur étaient données pour la libre
pratique de leur culte au milieu des troupes et des populations
musulmanes : l'église et les gouvernements chrétiens
en permettaient le recrutement en Europe (1).
Nous avons vu plus haut que Hammad, fondateur de la
dynastie hammadite, froissé dans sa dignité, avait répudié
la souveraineté des khalifes falimites pour se déclarer
en faveur de leurs rivaux, les khalifes abbacides. Cette
défection amena des guerres sanglantes et interminables,
qui eurent pour conséquence l'entrée dans l'Afrique septentrionale
d'une nouvelle invasion arabe. A cette époque,
les tribus arabes nomades des Hilal étaient cantonnées
dans la Hante-Égypte, où elles répandaient la dévastation,
attaquant même les pèlerins de la.Mecque aux jours où
l'on remplissait les grands devoirs de la religion. Afin de
se débarrasser de leur présence d'une manière utile, le
khalife résolut de les faire passer en Afrique et de les
opposer aux princes sanhadjiens. En conséquence de la
décision que l'on venait de prendre, le khalife El-Mostancer,
en l'an 441 (1049-50 de J.-C), envoya son visir
auprès de ces Arabes. Ce ministre commença par faire des
dons peu considérables aux chefs, — une fourrure et une
pièce d'or à chaque individu ;— ensuite, il lès autorisa à
passer le Nil en leur adressant ces paroles : « Je vous fais
cadeau du Moghreb et du royaume sanhadjien, qui s'est
soustrait à l'autorité de son maître. Ainsi, dorénavant,
vous ne serez plus dans le besoin ! »
il) Voir,pour d'autres détails à ce sujet, notre Histoirede Bon/jie
(Documents de M. de Mas-Latrie).

Les Arabes, animés par l'espoir du butin, franchirent
le Nil et allèrent occuper la province de Barca. Ayant pris
et saccagé les villes de celle région, ils adressèrent à leurs
frères, qu'ils avaient laissés sur la rive droite du Nil, une
description attrayante du pays qu'ils venaient d'envahir.
Les retardataires s'empressèrent d'acheter la permission
de passer le fleuve. Ces envahisseurs se partagèrent alors
le pays, et toutes les familles hilaliennes se précipitèrent
sur l'Ifrikia comme une nuée de sauterelles, abîmant et
détruisant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Ces
événements, et les guerres acharnées qu'il fallut soutenir,
ébranlèrent profondément la prospérité de l'Ifrikia ; la
dévastation s'étendit partout; plusieurs grandes villes
furent détruites et une foule de brigands interceptaient
les roules et dépouillaient les voyageurs.
Les Arabes, ayant enlevé au peuple sanhadjien toutes
ses villes, établirent leur autorité sur les lieux que le
khalife leur avait assignés. Le prince En-Nacer, réfugié
dans sa Kalâa, se vit bientôt bloqué par l'ennemi. Les
assiégeants, après avoir dévasté les jardins et coupé tous
les bois qui entouraient la place, allèrent insulter les
autres villes de la province. Ayant mis en ruines celles de
Tobna et de Msila, dont ils avaient chassé les habitants,
ils se jetèrent sur les caravansérails, les villages, les fermes
et les villes, abatlant tout à ras de terre et changeant
ces lieux en une vaste solilude, après en avoir comblé lès
puits et coupé les arbres.
De celle manière, ils répandirent la désolation partout,
obligèrent les princes sanhadjiens à s'enfermer dans les
grandes villes, leur enlevant peu à peu le territoire qui
leur restait. Toujours guettant les moments favorables


pour les surprendre, ils leur firent acheter, par un tiil)
iH, la permission de se servir de leurs propres lerrcs.
La peuplade berbère des Adjica, qui,depuis un temps
immémorial, habitait la montagne voisine de la KalAa,
fut chassée de ce pays. Le territoire qu'elle possédait
devint l'héritage des Aïad, peuple formé d'un mélange
d'Arabes hilaliens, et la montagne prit le nom de Djebel-
Aïad, qu'elle porte encore de nos jours.
Fidèles à leurs habitudes destructives, les Arabes ne
cessèrent de se livrer à toute espèce de brigandage, au
point qu'ils forcèrenl-En-Nacer d'abandonner la Kalâa et
de se transporter à Bougie, qui devint sa nouvelle capitale.
Les montagnes de Bougie étant d'un accès fort difficile
et les chemins étant presque impraticables, mettaient
son territoire à l'abri dé toute insulte.
Nous avons vu plus haut que, lors de la fondation de
la Kalâa des Beni-Hammâd, en l'an 1004 de notre ère,
une colonie nombreuse de chrétiens était venue s'y fixer.
Sous le règne du roi El-Aziz, descendant de En-Nacer,
en 1114, disent les Dommenls européens (1), ces chrétiens,
tous africains et berbères, avaient encore à la Kalâa
une église dédiée à la Vierge Marie. Leur évêque habitait
une maison voisine de l'église. C'est le dernier prélat
indigène dont nous puissions constater l'existence; et
déjà la population, peut-être ses propres fidèles, qu'envahissait,
d'année en année, l'influence du langage et des
habitudes, le désignaient sous le nom. musulman de
khalife.
Iahïa, dernier souverain de la dynastie sanhadjienne,
(t) DeMàs-Lairie.



dominé par l'amour de la chasse, ne songea qu'à s'amuser
pendant. <|ue l'empire tombait en dissolution et <|ue
les tribus sanhadjiennes s'éteignaient successivement autour
de lui. Il se rendit de Bougie à la Kalàa pour y
l'aire îles perquisitions, et en emporta tous les objets de
valeur qui y existaient encore.
Vers celle époque, 547 (H52-3 de J.-C), Abd-el-Moumen,
sorti du Maroc à la tête de ses Almohades, envahit
le pays et s'empara du royaume de Bougie. Abd-el-Moumen
était le disciple du mehdi Ibn-Toumert, qui, en prêchant
des réformes dans les doctrines musulmanes, réussit
à attirer à lui de nombreux adhérents, et fonda, dans le
Moghreb, la dynastie des Almohades.
lahïa, roi de Bougie, voyant son territoire envahi par
les armées du nouveau conquérant, eut à peine le temps
de s'embarquer avec ses trésors. Abd-el-Moumen plaça
son fils, Abd-Allah, à la tête d'une armée et l'envoya contre
la Kalâa. Celte place fut emportée d'assaut et livrée
aux flammes; la garnison fut passée au fil de l'épée et
dix-huit mille cadavres, dit-on, attestèrent la fureur des
vainqueurs.
A cette nouvelle, les Arabes nomades, alliés aux princes
sanhadjiens, se rendirent à Selif après avoir pris
l'engagement de soutenir leur roi lahïa. Les deux partis
en vinrent aux mains près de celle ancienne ville, et continuèrent
à se battre pendant trois jours; mais, enfin,
les Arabes reculèrent en désordre, après avoir perdu
beaucoup de monde, et ils laissèrent leurs troupeaux,
leurs femmes et leurs enfants au pouvoir des Almohades.
Lorsqu'éclala la révolte d'Ibn-Ghania, vers l'an 1185
de noire ère, la ville de Bougie tomba en son pouvoir par

surprise, el ii est probable que toute la contrée environnante
reconnut son autorité, puisqu'il (ut assez puissant
pour pénétrer clans la Kalâa des Beni-Hammad et aller,
de là, mettre le siège devant Consiantine. Mais l'autorité
d'Ibn-Ghania ne fut qu'éphémère dans celle région ; poursuivi
à outrance parles Almohades, il dut s'éloigner vers
le pays de Tripoli.
Cinquante ans après environ, l'émir Abou-Zakaria le
hafsile, gouverneur de l'Jfrikia pour le compte des Almohade?,
mécontent de la conduite de son souverain, se
rendait indépendant, faisait reconnaître partout son autorité
el fondait la dynastie hafsile, qui, pendant plusieurs
siècles, se mainlinl au pouvoir, malgré les révoltes qui
éclatèrent souvent dans le sein même de ses étals, et les
attaques acharnées de ses puissants voisins, les Abd-el-
Ouadiles et les Meriniles.
La famille royale hafsile régnait encore au seizième
siècle, lorsque parurent sur la côte d'Afrique les frères
Barberousse. Tendant celle longue période, les populations
du pays de Selif, — je ne parle pas de la ville
même, puisque depuis longtemps elle avait été ruinée,
— durent souvent épouser la querelle des princes hafsites,
gouverneurs de Conslanline el de Bougie, que la
rivalité arma les uns contre les autres. Il est également
probable que ces populations allèrent au secours d'Abdel-
Aziz, dernier roi de Bougie, attaqué par les Espagnols,
sous les ordres de Pierre de Navarre, en 1510.
On verra plus loin, dans la Biographie de la famille
féodale des Mokrani, les événements qui marquèrent le
début de la conquête turque. L'autorité des nouveaux
dominateurs était plus nominale que réelle; dans la


Le 18/05/2011 à 22:39, par Abderrezak

tres interressant ce document cher ami hocine
je veux aussi t'ajouter que jamal alilat est aussi un ami et avant il etait mon prof au lycée d'ighil ali.

pour ces extraits que tu viens de publier et qui sont aussi tres interressant , les evenements sont anterieurs a l'epoque de la fondation d'el qelaa
en fait la qelaa des beni abbas etait a l'origine a l'endroit dont tu m'as parlé avant "l'histoire du passage secret entre ce village et la qelaa" avant que le sultan abdelazizi ne la deplace a l'endroit actuel
l'histoire de la qelaa commence vraiment aux environs de l'année 1500 date de la chute de bougie aux mains des espagnols, et c'est la que l'un des rois de bougie "Abderrahmane" fuit a taqorabt ou il est enterré "saint sidi abderrahmane".....il eu un fils Abdelaziz qui est allé du coté d'ilougane et c'est de la que le royaume a connu ses debut.
Abdelaziz a été tué par les turques et son frere Ahmed a pris le royaume , et c'est celui la qui est devenu le saint sidi ahmed a ilougane, e sa mort son fils al mançor a pris sa place qui a lui meme etait tué dans un complot des notables des ath abbas
Or, il se trouve qu'à ilougane on venere deux saints et qui sont "Sidi Ahmed saci" et son fils "Sidi Mansor".....et selon les livres d'histoires "serieux" , il esiste deux rois de qelaa qui s'appelait Ahmed et son fils al Mansor....coincidence, je ne le crois pas, c'est tellement proche de la realité !


Le 20/05/2011 à 20:11, par Hocine

Bonjour Abderrezak,

Tous d'abord il faudrait que tu me donne ton mail pour que je puise t'envoyer des livres en pièces jointe,

J'ai effectivement lu que le frère d' Abdelaziz a pris sa place suite à sa mort, mais dans les ouvrages tout autant sérieux que j'ai lu, il s'appelait Ahmed Amokrane qui trouva la mort dans une bataille près de l’oued sahel c’est son fils , Sous l’appellation de Si Nacer qui devint le chef de la Kalaa quant à sa mort vers 1624) il y a à plusieurs hypothèses (assassiné par traîtrise par un membre de la Kalaa ou tué par un Turc infiltré dans sa cavalerie ????

il et aussi dit que lors d’une grande bataille au pied de Guella les Turcs dévastèrent toutes les terres coupèrent tous les arbres et qu’un marabout Kabyle vint s’interposer entres les deux parties et dit « « Des Musulmans ne doivent pas se faire la guerre entre eux, ils doivent réserver leurs coups contre les infidèles » suite à ses paroles ils arrêtèrent de se combattre,
A cette époque le royaume avait beaucoup d'alliances avec les tributs du Maroc, dailleur il y à des villages au Maroc qui portent les noms de "Tazla et Ilougane", , pour avoir rencontrer des chleuhs (Berbères du Maroc, ils ont pratiquement la même façon de parler que nous, contrairement, à d'autre région du Maroc et même de la Kabylie

Pour le petit hameau dont nous avons parlé, je me doutais bien qu'il avait une histoire intéressante, malheureusement personne n'a su ou n'a pu m'en parler c'est dommage c'est pourqu'oi il faut continuer à faire des recherche:
Je te site un livre qu'il faut absolument que tu te procure sur Alger ou ailleurs c’est une édition Algérienne DAHLAB A ALGER :




"LA Kalaa DES BENI ABBES AU XVIeme Siècle,
De Youssef Benoudjit "Préfacé par Mahfoud Kaddache"

Je te site la bataille de 1559
Les Turcs en voulant attaquer Kalaa passèrent par Tazla

Voila ce qui est écrit en page 259 :

Hassan Pacha (fils de Kheir Ed Din) vint ensuite avec son beau Père (le roi de Koukou) ravager les terres des Benis Abbes; mais le chef de ses Kabyles accourut à la tête de 4000 hommes à pied armés de mousquets et de 5000 cavaliers près d’un village de son territoire (probablement Tazla), ou il avait fait construire un fort avec un retranchement, qui coupait tout le chemin. Hassan Ben Kheir Ed Din avait 3000 arquebusiers Turcs à pieds 500 à cheval et 2000 cavaliers Arabes, (cité par Berbrugger en page 92) et aussi d’après un récit Marmol contemporain de l’époque écrit en 1573 !!!

Au cours de cette bataille de Septembre 1559 qui fut longue et ardue et près avoir fait un grand nombre de mort dans les rangs ennemis, le Sultan Abdelaziz, dans une résistance héroïque, y trouva la mort sous le feu nourri des Turcs, mais cela ne réduit en rien la farouche détermination des Benis Abas qui sitôt après ce triste événement se choisiront pour chef le frère du Sultan Abdelaziz, le célèbre AHMED Amokrane
Le chroniqueur de l’époque etait un esclave Espagnole « Haédo » qui accompagnait le Pacha Turc dans toute ses batailles

La suite c’est ce que je t’ai dis dans mon précédant message ils « les Turcs essayèrent de s’emparer du corps du Sultan mais les villageois ne lui laissèrent Guer le temps de s’en approcher c’est pourquoi il lui coupa la tête et la ramenèrent à Alger pour y être exposé a BAB aAzzoun comme un trophée en place publique

Alors je me pose la Question ou est son corps, ou à t’il été enterrée ??? ?

J’ai aussi lu que le Pacha s’etait retranche dans une montagne de chez nous (Marmol l’appelle « COCO DU TELETA » ou les cheikh de Beni Abbès ont leurs sépultures !!!!!!

La cela devient intéressant connaît tu une montagne qui porte ce nom sachant que Marmol etait espagnol et qu’il déformait les noms , pour Tazla il disait Tesli mais Carrette dans un autre livre confirme bien qu’il s’agit de Tazla, qu’il appelait les Djebalia ou montagnards de Boni, qui sont prés de Kalaa

Voila mon ami,
J’attends toujours l’emplacement des Ruines Romaine de Boni et ton adresse mail pour t’envoyer ses précieux ouvrage

Et j’aimerais bien que tu nous fasse partager ce que tu as lu de tes Ancêtres et de ce que racontent les historiens ou les gens de la région

Si tu as l’occasion de voir Djamel Alilat, passe lui bien le bonjour de ma part

A bientôt mon ami

Hocine

Le 21/05/2011 à 16:28, par Abderrezak

pour ce qui est du roi Abdelazizi, une legende raconte qu'apres "avoir pris sa tete a alger pour l'exposer aux population, un miracle s'est produit et elle s'est mette a parler et a menacer les algerois de toutes les maledictions, et c'est la que le chef turque a decidé de la mettre dans un coffre en argent et de lui offrir un enterrement digne"...bon ce n'est qu'une legende
Pour Ahmed Amokrane, ce n'est qu'apres avoir pris le pouvoir qu'on a decidé d'ajouter "Amokrane" puisque les kabyles n'ont pas des traditions de s'appeller Roi ou sultan

voici mon email : n.s.abder@gmail.com


Le 06/02/2012 à 1:12, par farhet_bouziane

on a le grand honneur de voir des grand s personnes comme mr sebane qui sont interessé par notre village et culture , poour ne pas negliger lhistoire


Le 06/02/2012 à 1:14, par farhet_bouziane

it's great great , continue


 

Par tazla-en-kabylie - Publié dans : Tazla le Village 2010
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 21:47
Par Hocine :: 14/03/2010 à 23:04


Une ruche ancienne


Voila ce que nous trouvons encore dans les champs


Il faut préserver les objets anciens


Système de fermeture de fenêtre et porte à l'ancienne




















































 

Commentaires:

 

Le 08/04/2010 à 20:24, par Hocine


Bonsoir Michel,
Lorsque je vais à Tazla ma tante me sert toujours le couscous dans ce plat, (qui et huilé régulièrement) il te manque la cuillère en bois

Nous trouvons encore des objets anciens, les gens les utilisent encore, il serait dommage qu'un Brocanteur mette la main la dessus et qui remplace les tables basse les petits bancs contre du formica (allusion à la chanson de feu Jean Ferrat La Montagne)

En tous cas je vois que ta plante si plait bien
Garde la précieusement, tous comme moi le petit banc de ma jeunesse et la canne en olivier de mon Feu Grand père qui sont toujours chez moi !!

Bien à toi
Hocine


Le 09/04/2010 à 0:00, par Michel


Bonsoir Hocine

J'ai des cuillères en bois, mais elle me servent au quotidien pour la cuisine.

Je n'avais pas rapporté de petit bancs mais j'ai plein d'objets qui deviennent rares. Ils sont pour la plupart en photo sur mon blog

Amicalement

Par tazla-en-kabylie - Publié dans : Tazla le Village 2010
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 21:45
Par Hocine :: 14/03/2010 à 22:59 


Un couteau à greffer les arbres


Une greffe par notre spécialiste


Que la terre est basse !!


Rhalé Kader  quelque graines de mais





Notre spécialiste de la greffe


Une greffe


Les jardins ce reboisent





Toujours un œil vigilant de notre spécialiste























 

Commentaires


Le 29/05/2008 à 14:11, par hocine

Voyez ces fruits et ses légumes Ne vous inquiétez pas il en restera pour vous cet été


Le 07/11/2008 à 15:10, par hocine

Bientôt les olives à Tazla souhaitons bon courage à nos cousins


Le 13/06/2010 à 18:23, par louiza.n

vraiment je suis très ému en voyants ces photos, ça m'a plongeait dans des souvenirs d'enfances lointains!!!! vraiment bravo a vous
Bon dimanche
Louiza

Par tazla-en-kabylie - Publié dans : Tazla le Village 2010
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